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Les victimes de viol du 7 octobre ? Une procureure reconnaît qu’Israël n’en a toujours pas trouvé une seule

Les victimes de viol
du 7 octobre ?
Une procureure reconnaît
qu’Israël n’en a toujours
pas trouvé une seule

Par Ali Abunimah

Une publication The Electronic Intifada


Article



Traduit de l’anglais par EDB () • Langue originale : anglais


Une procureure israélienne a admis qu’il n’y avait toujours aucune plaignante dans les cas présumés de viols commis par des Palestiniens le 7 octobre 2023.

Mais, Moran Gez, qui s’est occupée d’affaires concernant des Palestiniens raflés après l’opération Déluge d’Al-Aqsa, continue d’appeler à des exécutions de masse, même en l’absence de toute preuve substantielle contre eux.

« Quiconque est entré en Israël depuis Gaza le 7 octobre pour tuer ou piller, peu importe, devrait être inclus dans l’acte d’accusation et, en ce qui me concerne, se voir infliger la peine de mort. »

Elle a indiqué qu’elle avait présenté cette affaire à ses collègues chargés de planifier les poursuites liées aux événements du 7 octobre.

« Pourquoi ? À cause de ceux qui n’ont pas tué, mais qui ont pillé, brûlé, volé, cueilli des avocats, comme certains l’affirment, à cause de ce désordre, les forces armées israéliennes n’ont pas pu arriver à temps. Vous êtes venus à la porte avec une perceuse et vous l’avez ouverte pour piller ? Puis un terroriste est entré et a assassiné des civils. »

Jusqu’à récemment procureure chargée des affaires dites de sécurité dans le district sud, Gez a joué un rôle clé dans les efforts visant à faire juger les Palestiniens responsables de ce qu’Israël considère comme des actes criminels le 7 octobre.

Aucun procès n’a encore eu lieu.

Une procureure israélienne a affirmé que les Palestiniens raflés après le 7 octobre 2023 devraient être exécutés pour des actes présumés tels que le vol d’avocats. Cette photographie, fuitée et obtenue par CNN, montre des Palestiniens détenus dans le camp de torture secret de Sde Teiman.
[Photographie obtenue par CNN]

Le manque de preuves

Gez a fait ces commentaires dans une interview publiée le 1er janvier 2025 et accordée au magazine du journal israélien à grand tirage Yedioth Ahronoth.

Elle reconnaît qu’Israël dispose de faibles preuves à l’encontre de n’importe quelle personne.

Elle admet également qu’il est peu probable que la peine de mort soit appliquée, mais son désir d’exécuter même ceux qu’elle accuse de cueillir des fruits (plantés sur des terres palestiniennes volées par les colons israéliens) nous donne une bonne idée de la nature de la « justice » à laquelle les Palestiniens peuvent s’attendre en Israël.

Ynet l’écrit ainsi : « La plus grande difficulté est celle des preuves, explique Gez. Il est quasiment impossible d’utiliser des preuves pour relier un crime spécifique à un défendeur spécifique lorsqu’on a affaire à des dizaines de scènes de crime, où des centaines de suspects ont été arrêtés et des milliers d’infractions commises. »

Mais, son affirmation selon laquelle il y a tout simplement trop de preuves à trier apparaît comme une pirouette visant à obscurcir le fait que, dans de nombreuses circonstances, les preuves pourraient bien ne pas exister du tout.

« Les lois ordinaires de la preuve ne conviennent pas dans ce cas. Il n’y a aucune chaîne organisée de preuves, il n’y a personne qui a filmé les vidéos que l’on voudrait présenter au tribunal. »

La propagande d’atrocités et l’incitation au génocide

Presque dès les premières heures du 7 octobre, Israël et ses partisans ont diffusé des accusations de viol de masse sur des Israéliennes, ainsi que d’autres atrocités commises par des combattants palestiniens.

Mais, les enquêtes menées par The Electronic Intifada et d’autres publications indépendantes ont constamment démontré que les accusations de viol n’étaient pas fondées ou qu’il s’agissait de fabrications pures et simples : une propagande d’atrocités utilisée pour inciter et justifier le génocide actuel par Israël des Palestiniens de Gaza.

Les dirigeants politiques des pays qui arment activement le génocide, comme l’administration Biden-Harris aux États-Unis, ont diffusé la propagande sur les atrocités de viol dans le cadre de leur soutien à la campagne d’extermination israélienne.

Le chancelier allemand Olaf Scholz a prétendu à tort que des membres du Hamas avaient réalisé des vidéos d’eux-mêmes en train de violer des Israéliennes.

La ministre des Affaires étrangères de Scholz, Annalena Baerbock, est allée encore plus loin en affirmant qu’elle avait personnellement visionné ces vidéos inexistantes.

Lorsque les représentants du gouvernement allemand sont mis en cause pour ces mensonges, ils se contentent de salir et de réduire au silence les journalistes qui posent des questions.

Aucune victime de viol

Dans son interview à Ynet, Gez confirme que, 15 mois après les événements, Israël n’a toujours pas identifié une seule victime permettant de poursuivre un auteur présumé d’agression sexuelle.

« Malheureusement, il sera très difficile de prouver ces crimes. »

« En fin de compte, nous n’avons pas de plaignantes », a-t-elle admis, soulignant ainsi l’écart considérable entre la perception du public et la réalité des faits.

« Si l’on compare ce qui a été présenté dans les médias à ce que l’on obtiendra en fin de compte, ce sera tout à fait différent », a-t-elle encore ajouté en nous offrant la pirouette habituelle selon laquelle ce serait dû « soit au fait que les victimes ont été assassinées, soit au fait que les femmes qui ont été violées ne sont pas prêtes à révéler ce qu’elles ont subi ».

Mais, cette excuse fréquente pour expliquer pourquoi aucune victime n’a été identifiée ne peut expliquer l’absence totale de preuves médico-légales, visuelles ou de témoins oculaires crédibles, en particulier lorsque les agressions sexuelles étaient censées être si répandues le 7 octobre.

Et ce n’est pas faute d’avoir essayé de trouver des victimes.

« Nous nous sommes tournés vers les groupes de défense des droits des femmes et nous leur avons demandé de coopérer. Ils nous ont dit qu’ils n’avaient tout simplement pas été contactés » — en d’autres termes, personne ne s’est manifesté.

Cela corrobore l’expérience du New York Times qui a fait le tour des hôpitaux israéliens, des centres d’aide aux victimes de viol, des services téléphoniques d’assistance en cas d’agression sexuelle et d’autres structures spécialisées, et qui n’a pas pu trouver une seule victime d’agression sexuelle le 7 octobre.

L’année dernière, dans une interview accordée à la chaîne israélienne Channel 12, Anat Schwartz, la journaliste qui a effectué les recherches pour le Times, a expliqué : « Personne n’a rencontré de victime d’agression sexuelle. »

Malgré cela, Schwartz, qui faisait partie d’une équipe du New York Times dirigée par le journaliste Jeffrey Gettleman, lauréat du prix Pulitzer, a publié en décembre 2023 le fameux article, « Screams without Words », censé corroborer les viols de masse.

Cette fraude journalistique s’est rapidement effondrée, entachant de scandale le prétendu journal de référence.

Et en particulier, lorsque le procureur en chef de la Cour pénale internationale, Karim Khan, a demandé en mai dernier des mandats d’arrêt contre des dirigeants du Hamas, il n’a inclus aucune accusation de viol pour le 7 octobre 2023.

Cela indique clairement que les enquêteurs de la Cour n’ont pas pu les étayer non plus (bien que Khan ait inclus des accusations fragiles selon lesquelles des prisonniers de guerre israéliens et des civils détenus à Gaza depuis le 7 octobre ont été soumis à des violences sexuelles).

Deux rapports distincts de l’ONU n’ont pu confirmer aucune des allégations de viol formulées par Israël pour le 7 octobre, estimant que les nombreux documents qui ont été examinés, notamment des milliers de photographies et de vidéos, ne contenaient « aucune indication réelle de viol » et qu’il n’y avait « aucune preuve médico-légale de crimes sexuels ».

Ils ont affirmé qu’il y avait des preuves de violence sexuelle le 7 octobre, mais en utilisant des définitions étendues, vagues et changeantes de la « violence sexuelle et à caractère sexiste ».

Les deux rapports de l’ONU ont également débunké un certain nombre d’affirmations israéliennes très médiatisées concernant les agressions sexuelles du 7 octobre.

L’un des deux rapports indique que plusieurs accusations israéliennes de violence sexuelle ou à caractère sexiste le 7 octobre, y compris l’allégation largement diffusée du fœtus arraché de l’utérus de sa mère, se sont révélées « infondées ».

L’autre rapport reconnaît également que certaines accusations spécifiques de violence sexuelle se sont révélées « fausses, inexactes ou contradictoires ».

« Réviser ses attentes à la baisse »

Prenons l’affirmation de Gez selon laquelle aucune victime de viol israélienne n’a été retrouvée parce que soit ces femmes sont mortes, soit elles « ne sont pas prêtes à le révéler », et comparons cela à la situation des Palestiniens détenus par Israël depuis le 7 octobre 2023.

Les Palestiniens ne seraient vraisemblablement pas moins réticents ni moins honteux que les Israéliens à se présenter comme victimes de viol ou d’agression sexuelle.

Et pourtant, depuis le 7 octobre, des Palestiniens ont donné de multiples témoignages de première main de victimes et de témoins oculaires de violences sexuelles et viols perpétrés par des membres du personnel israélien.

Les violences sexuelles et les tortures systématiques commises par Israël à l’encontre des Palestiniens sont bien documentées — y compris au moins un cas où un détenu a été soumis à un horrible viol collectif et à des tortures qui ont été partiellement filmés dans le camp de concentration secret de Sde Teiman. Cela n’a cependant pas suscité une fraction de l’indignation et de l’inquiétude que suscitent les accusations non vérifiées, dépourvues de preuves et relatives aux viols qu’auraient subi des Israéliennes.

En ce qui concerne les plaintes pour viol, Gez raconte à Ynet qu’elle a passé des nuits entières à étudier des documents tels que « les témoignages de ZAKA, du rabbinat et des filles qui ont lavé les corps ».

Ce qu’elle ne dit pas avoir lu, ce sont des preuves médico-légales ou des rapports de pathologie confirmant des signes de violence sexuelle.

Comme on le sait désormais, ZAKA est un groupe extrémiste juif — fondé et dirigé pendant des décennies par un violeur d’enfants en série — qui recueille les corps sur les sites de catastrophes pour les enterrer. Ses bénévoles n’ont aucune formation médicale et l’organisation ne dispose d’aucune expertise en matière d’enquête sur les scènes de crime ou en matière de médecine légale.

Les dirigeants et les membres de ZAKA ont joué un rôle clé dans la fabrication et la diffusion de la propagande d’atrocités du 7 octobre, avec notamment les allégations de viols et de bébés décapités qui ont été débunkées par la suite.

Reconnaissant l’absence de preuves solides en ce qui concerne les accusations incendiaires de viol, Gez conseille ceci : « Dans cette affaire, je réviserais mes attentes à la baisse. »

« Je sais que le public a des attentes et je comprends la nécessité d’évoquer les crimes sexuels et les horribles agressions sexuelles qui ont eu lieu, mais l’écrasante majorité d’entre eux ne peuvent pas atteindre le seuil de la preuve devant un tribunal. »

En dépit de cela, Gez n’est pas disposée à subordonner son désir de vengeance à l’absence de preuves, allant jusqu’à confesser que la législation devra être modifiée — sans doute, pour supprimer la nécessité d’apporter des preuves. Mais, cela ne servirait que dans le futur.

Elle souhaite également que l’on revienne à l’utilisation de tribunaux militaires pour les Palestiniens de Gaza, semblables à ceux qui ont toujours cours contre les Palestiniens de Cisjordanie, où sont présumés coupables les Palestiniens et où le taux de condamnation des Palestiniens est effectivement de 100 %.

Aucun aveu

Pour les affaires liées aux événements du 7 octobre, Gez affirme qu’« en fin de compte, il faut des aveux ».

Mais, là encore, Israël a fait chou blanc, selon la procureure.

« Il est surprenant de constater que lors des interrogatoires de ces terroristes, ils essaient de minimiser l’aspect nationaliste. D’après mon expérience dans les affaires de sécurité, la plupart des terroristes sont très fiers de ce qu’ils ont fait et ne le cachent pas. »

Selon Gez, les détenus ont tout au plus admis avoir tiré des coups de feu sans toucher personne.

« Ce n’est pas ainsi que j’ai l’habitude de voir les terroristes », a-t-elle affirmé, qualifiant les Palestiniens détenus le 7 octobre de « lâches » parce qu’ils n’ont pas avoué le genre de crimes atroces pour lesquels elle cherche à se venger.

Bien entendu, ce qu’elle ne prend pas en compte, c’est que de nombreux détenus palestiniens qui ont été emmenés dans le réseau secret des prisons et des camps de torture d’Israël n’ont pas commis les actes dont ils sont accusés ; ce qu’elle ne prend pas en compte, c’est également qu’ils avouent faussement des actes relativement mineurs dans l’espoir de mettre fin à la torture systématique d’Israël ou de l’éviter.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, les déclarations accablantes de Gez n’ont été publiées sur internet qu’en hébreu, derrière un accès payant, et sont probablement destinées à satisfaire la soif de sang d’un public israélien.

Il est important que ces déclarations soient portées à l’attention du monde entier, car elles soulignent une fois de plus que les affirmations selon lesquelles Israël dispose d’un système judiciaire fonctionnel et équitable, du moins en ce qui concerne les Palestiniens, ne sont rien d’autre que des mensonges flagrants.

David Sheen a contribué à la traduction [de l’hébreu à l’anglais, dans l’article original (NdT)].

Opération « Déluge d’Al-Aqsa » (7 octobre 2023)

 

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