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Israël « fabrique » les viols imputés aux Palestiniens pour aller toujours plus loin dans le génocide à Gaza

Israël « fabrique »
les viols imputés aux Palestiniens
pour aller toujours plus loin
dans le génocide à Gaza

Par Asa Winstanley

Une publication The Electronic Intifada


Article



Traduit de l’anglais par EDB () • Langue originale : anglais


Un nouveau rapport de la Sexual Violence Prevention Association (SVPA) compare la propagande raciste israélienne sur la prétendue menace sexuelle incarnée par l’homme palestinien à celle du Sud ségrégationniste des États-Unis.

*

Israël « fabrique des accusations » de viol commis par des Palestiniens contre des Israéliens le 7 octobre 2023, afin de « justifier la poursuite du génocide » à Gaza, affirme un rapport sans précédent sur le sujet.

Publié cette semaine par la Sexual Violence Prevention Association, le document montre comment Israël recourt à une « propagande du viol en temps de guerre » et à « l’instrumentalisation de la violence sexuelle comme arme de guerre » en Palestine.

Le rapport utilise un cadre que l’organisation a baptisé SORVO (Systemic Oppression, Reverse Victim and Offender / Oppression systémique, inversion de la victime et de l’agresseur) : « […] une tactique employée par des groupes oppresseurs pour instrumentaliser la violence sexuelle, ainsi que les accusations qui en découlent, dans le but de justifier leur oppression. »

Omny Miranda Martone, auteure principale du document, a déclaré : « Je vois SORVO utilisé contre les Palestiniens chaque jour. Nous ne pouvons pas permettre à Israël et au gouvernement des États-Unis d’utiliser la violence sexuelle pour justifier un génocide. »

Le rapport explique en détail comment Israël a construit un narratif mensonger présentant les Palestiniens comme des violeurs, à la fois pour dissimuler la réalité des soldats israéliens qui violent des détenus palestiniens et pour justifier le génocide à Gaza.

Israël ravive le canular des viols de masse le 7 octobre, avec les mêmes vieux mensonges
Avec Ali Abunimah et Asa Winstanley
[The Electronic Intifada, 11 juillet 2025]

« Israël continue de fabriquer un narratif mensonger qui inverse les rôles de la victime et de l’agresseur afin de permettre ce génocide. »

The Electronic Intifada fait partie des très rares médias à avoir révélé les accusations fabriquées d’Israël concernant la prétendue violence sexuelle des Palestiniens le 7 octobre 2023.

Comme cela a été rapporté en janvier par mon collègue Ali Abunimah : « Une procureure israélienne a admis qu’il n’y avait toujours aucune plaignante dans les cas présumés de viol commis par des Palestiniens le 7 octobre 2023. »

Et en avril, une « témoin oculaire » israélienne encensée, qui affirmait avoir héroïquement sauvé des femmes du viol par des combattants du Hamas, a été démasquée par un journaliste israélien comme une impostrice.

Rami Davidian — témoin vedette du film utilisant la propagande d’atrocités du 7 octobre, Screams Before Silence, réalisé par Sheryl Sandberg — a également affirmé avoir vu ce jour-là des dizaines de victimes mortes de viols présumés.

Pour la première fois, une organisation reconnue de prévention de la violence sexuelle, et basée à Washington D.C., confirme notre travail journalistique.

Débunker les mensonges du « témoin » du 7 octobre, Rami Davidian
[The Electronic Intifada, 4 avril 2025]

La Sexual Violence Prevention Association avait présenté pour la première fois son cadre SORVO dans un autre document, publié l’an dernier.

Ce rapport expliquait le fonctionnement de SORVO en examinant des études de cas issues :

  • du régime d’apartheid en Afrique du Sud,
  • de l’Holocauste nazi contre les Juifs d’Europe,
  • de l’époque Jim Crow dans le Sud des États-Unis,1 où les hommes noirs étaient faussement présentés comme une menace sexuelle pour les femmes blanches.

Comme ce document l’a montré : « Le régime nazi a requalifié les relations interraciales en une conspiration juive visant à souiller les lignées de sang “aryennes”. Les médias présentaient, dans des caricatures politiques, les hommes juifs comme sournois et prédateurs à l’égard des femmes “aryennes”. »

Quant au nouveau rapport publié cette semaine, il constitue une étude de cas SORVO centrée sur Israël, les entités sionistes et la Palestine.

Il affirme qu’« Israël a construit un narratif mensonger autour du conflit actuel » et qu’il utilise « son pouvoir d’oppresseur, à travers les actions de l’État et la manipulation médiatique, pour rallier un soutien mondial aux atrocités qu’il commet dans la bande de Gaza ».

Il retrace l’historique en comparant les actions d’Israël à d’autres narratifs mensongers de viol, observés dans divers pays et à d’autres moments de l’histoire.

« La violence sexuelle utilisée comme propagande d’atrocités n’est pas un phénomène nouveau », explique-t-il. « Les États issus de la colonisation de peuplement ont une longue histoire de violences contre les hommes noirs et racisés, sous le prétexte d’une justice de représailles en faveur des femmes. »

L'article du New York Times sur les viols “comme arme de guerre” par le Hamas est une imposture
Ali Abunimah le débunke
[The Electronic Intifada, 4 janvier 2024]

Dans le cas de la Palestine : « Un lieu commun islamophobe repose sur le stéréotype mensonger selon lequel les hommes musulmans, en particulier les Arabes, seraient misogynes et enclins à commettre des violences sexuelles. »

Le rapport présente en détail des cas relevés lors d’une enquête de l’ONU l’an dernier — cas qu’il qualifie de « désinformation préoccupante ».

Comme exemple de cette désinformation, la Sexual Violence Prevention Association cite le tristement célèbre reportage du New York Times, « Screams Without Words », complètement discrédité.

Comme mon collègue Ali Abunimah l’a révélé en janvier 2024, cet article s’est effondré dès que ses principales sources ont désavoué l’accusation centrale des journalistes.

Présentée en deuil à la une du journal, la famille de Gal Abdush a affirmé que cette dernière n’avait pas été violée, contrairement à ce qu’avançait le papier.

Gal était citée comme la « femme à la robe noire », un élément central de l’histoire. Pourtant, alors que le texte évoquait la violence sexuelle, les journalistes n’avait pas prévenu la famille — un détail stupéfiant, puisque c’était là tout l’objet du reportage du Times.

Le rapport qualifie l’article d’« incendiaire », affirmant qu’il a été « débunké par de multiples sources » et qu’il contient un « langage sensationnaliste et cru ».

Les retombées d'un article frauduleux du New York Times alléguant des viols de masse par le Hamas
Avec Ali Abunimah
[The Electronic Intifada, 3 février 2024]

Le rapport soutient que l’article du Times a paru à un moment critique : « Il a été publié alors que le soutien mondial à la campagne de violence d’Israël à Gaza faiblissait ; et, à bien des égards, il a à lui seul inversé cette tendance. »

Le document souligne également que les forces israéliennes recourent à la violence sexuelle — y compris au viol — contre les Palestiniens, tant en Cisjordanie qu’à Gaza, et que ce fait est dissimulé par les sources israéliennes ainsi que par les grands médias occidentaux.

La Sexual Violence Prevention Association a analysé 65 articles parus dans le New York Times et Politico qui mentionnaient la violence sexuelle en Palestine entre le 7 octobre 2023 et le 7 octobre 2024.

Parmi ces articles, 66 % portaient sur des violences sexuelles alléguées contre des Israéliens, tandis que seulement 22 % étaient consacrés aux violences sexuelles commises par des Israéliens contre des Palestiniens.

Et ce, alors que, comme l’a documenté The Electronic Intifada, il n’existe toujours pas une seule victime israélienne, identifiée ou anonyme, d’un viol le 7 octobre, ni un seul témoin crédible d’un viol d’Israélien ce jour-là.

Electronic Intifada : « “Non seulement il n’y a aucune preuve de viol le 7 octobre, mais il n’y a aucune accusation”, déclare @AsaWinstanley.
“Les preuves sont littéralement le fruit de l’imagination du colonisateur.” »

Le rapport décrit la couverture médiatique occidentale comme présentant « un fort parti pris dans la présentation en victimes des Israéliens plutôt que des Palestiniens », précisant qu’elle est souvent « sensationnaliste, falsifiée ou partiale ».

Une telle couverture a un impact considérable, ajoute le document. Il relève que l’équipe de défense d’Israël devant la Cour internationale de justice a centré une grande partie de son témoignage sur le 7 octobre 2023, en affirmant qu’il y avait eu des violences sexuelles et d’autres atrocités.

« C’est significatif, car, en réalité, Israël ne nie pas ses actions. Au contraire, Israël affirme avoir le droit de commettre ces actions en raison des événements du 7 octobre. »

Les auteurs précisent que le gouvernement israélien a bloqué une enquête complète des Nations Unies sur les violences sexuelles alléguées du 7 octobre 2023.

Mais, la petite enquête publiée par l’ONU l’an dernier, dirigée par Pramila Patten, « n’a trouvé aucune preuve de viols systématiques commis par le Hamas ou par un autre groupe palestinien, malgré la large couverture médiatique qui affirmait le contraire ».

Et ce, bien que Patten ait affirmé (sans présenter de preuves) que des violences sexuelles de la part de Palestiniens avaient probablement eu lieu ce jour-là.

Le nouveau rapport affirme que le « blocage d’une enquête plus approfondie démontre qu’Israël cherche à fabriquer des accusations afin de justifier la poursuite du génocide. »

Esquive et déni

L’un des principaux motifs de la fausse allégation d’Israël selon laquelle des Palestiniens auraient violé en masse des Israéliens est de dissimuler le fait que la réalité est inverse.

« Les femmes palestiniennes subissent depuis des décennies, tout au long de l’occupation, le déni de leur autonomie et de leur intégrité corporelle, ainsi que des violences sexuelles », indique le nouveau rapport.

Le document ajoute qu’il y a eu une escalade des violences sexuelles contre les femmes et les filles palestiniennes à Gaza depuis le 7 octobre 2023, et que les soldats israéliens « se sentent probablement encouragés à commettre des atrocités contre les Palestiniens à cause de la couverture médiatique occidentale du 7 octobre, qui affirmait qu’un “viol de masse” avait été commis contre des Israéliens ».

« L'absence de condamnation, voire de signalement, des violences sexuelles commises à l'encontre des Palestiniens persiste [dans les médias occidentaux], malgré de nombreuses preuves, notamment de nombreux témoignages directs de violences sexuelles dans les centres de détention israéliens. »

« Une autre tactique courante consiste à affirmer que ces accusations sont antisémites. Cette esquive est une forme de déni, car elle détourne la discussion de tout méfait israélien. »

« Tout est légitime »

Le rapport détaille comment ont eu lieu en Israël, en août dernier, les tristement célèbres manifestations du « droit au viol », après la révélation que des gardiens de prison israéliens commettaient systématiquement des viols et d’autres abus sexuels sur des prisonniers palestiniens.

L’armée israélienne « a catégoriquement nié toute allégation d’abus par la voix d’un porte-parole », note le rapport. « Cependant, ce démenti a été publié peu de temps après que neuf soldats israéliens ont été arrêtés par l’IDF2 pour “abus sexuel grave” présumé contre un Palestinien dans un centre, dans le désert du Néguev. »

Pourtant, lorsque l’affaire a été rendue publique, des responsables politiques israéliens et une partie de l’opinion se sont ralliés en soutien aux violeurs présumés. Le député israélien Hanoch Milwidsky (membre du Likoud, le parti du Premier ministre Benyamin Netanyahou) a même déclaré que « tout est légitime » contre des membres présumés du Hamas, lorsqu’on lui a demandé s’il fallait autoriser le viol d’un détenu palestinien.

Le nouveau rapport soutient que cet épisode « illustre parfaitement SORVO en action : l’armée israélienne jouit d’une autorité suffisante pour nier catégoriquement les abus tout en reconnaissant simultanément que neuf de ses membres ont commis cette atrocité ».

Le concept SORVO propose un cadre analytique expliquant comment Israël utilise l’oppression systémique pour inverser les rôles de la victime et de l’agresseur — un phénomène que The Electronic Intifada dénonce depuis de nombreuses années.

SORVO Case Study: Israel, Zionist Entities, & Palestine [SVPA]

Opération « Déluge d’Al-Aqsa » (7 octobre 2023)

Sources :


Source de l’illustration d’en-tête : En dehors de la boîte
Spécification par EDB
Image générée par DALL·E via ChatGPT (OpenAI)
Retouche numérique par EDB


  1. « Les lois Jim Crow (Jim Crow Laws, en anglais) sont des lois nationales et locales issues des Black Codes imposant la ségrégation raciale aux États-Unis et promulguées par les législatures des États du Sud de 1877 à 1964. Ces lois ont été mises en place pour entraver l’exercice des droits constitutionnels des Afro-Américains acquis au lendemain de la guerre de Sécession […]. » (NdT)
    [Source : article de Wikipédia, version du 16 juillet 2024 à 16 h 45] 

  2. Les Forces de défense d’Israël (צְבָא הַהֲגָנָה לְיִשְׂרָאֵל / Tsva ha-Haganah le-Israël — Israel Defense Forces / IDF) sont couramment désignées par l’acronyme Tsahal (צה"ל). Il s’agit de l’armée de l’État d’Israël. (NdT) 

 

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