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On nous plonge dans la dystopie, alors que nous pourrions vivre au paradis

On nous plonge dans la dystopie,
alors que nous pourrions
vivre au paradis

Par Caitlin Johnstone


Article



Traduit de l’anglais par EDB () • Langue originale : anglais


Ce qui fait mal, ce n’est pas seulement la guerre, l’injustice, l’écocide et la dystopie. C’est de savoir que rien de tout ça n’était inévitable. C’est de savoir ce que cela aurait pu être.

*

C’est fou, ce qui finit par vous atteindre quand cela fait un moment que vous faites ce métier.

Aujourd’hui, ce qui m’a mis KO — une bonne minute, la tête entre les mains —, c’est une vidéo virale montrant le politicien canadien Bill Oliver en train de lire par mégarde, devant l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, une remarque du chatbot IA qui lui avait écrit son discours.

« La confiance du public envers la fonction de défenseur est essentielle », a lu Oliver dans sa déclaration préparée… avant de lâcher : « Voici une version plus naturelle et plus fluide de ce passage, qui se lit comme un discours parlementaire plutôt que comme une série de points brefs. »

Non mais sérieusement.

Je n’arrive pas à me faire à l’idée que c’est ça, l’avenir auquel nous avons abouti. Tout aurait pu être si beau, et à la place on se retrouve avec ça.

CR1337 : « À l’Assemblée parlementaire, un homme politique canadien lit à haute voix un texte généré par IA sans s’en rendre compte :
“Voici une version plus naturelle et plus fluide de ce passage, qui se lit comme un discours parlementaire plutôt que comme une série de points brefs.” »

Ce qui fait mal, ce n’est pas seulement la guerre, l’injustice, l’écocide et la dystopie. C’est de savoir que rien de tout ça n’était inévitable. C’est de savoir ce que cela aurait pu être.

Toute cette inventivité qu’on engloutit dans la recherche de nouveaux moyens de mener des massacres militaires à grande échelle, de surveiller et de contrôler la société entière, de restreindre et de manipuler la circulation de l’information, de créer une pénurie artificielle des produits dont les gens ont besoin, de créer une demande artificielle pour des produits dont les gens n’ont aucun besoin, de rivaliser avec les entreprises concurrentes pour transformer des milliardaires en trillionnaires1 — rien de tout ça ne devrait avoir lieu. L’humanité pourrait mettre sa créativité et son ingéniosité au service d’un monde meilleur.

Si nous consacrions toutes nos ressources, notre temps et notre énergie à collaborer pour le bien commun, au lieu de nous faire concurrence pour le pouvoir et le profit, nous pourrions sans peine créer un paradis sur terre. Si nous consacrions toute notre intelligence à l’amélioration de la vie sur cette planète, sans avoir à nous soucier de la concurrence ni à écarter les avancées qui ne rapportent rien aux actionnaires, notre potentiel d’innovation serait facilement multiplié par mille.

Nous pourrions soigner notre biosphère tout en garantissant à chaque habitant de la planète de quoi vivre. Nous pourrions offrir à tous des soins, une éducation et des transports en commun rapides, tandis que l’automatisation servirait à éliminer la nécessité du labeur humain. Nous pourrions mener des vies toujours plus riches en loisirs, en émerveillement et en satisfaction, avec l’assurance d’un avenir meilleur pour nos enfants et nos petits-enfants.

Au lieu de ça, on se coltine cette merde. Massacres et exploitation dans une civilisation toujours plus dystopique, sur une planète qui se meurt, où la pointe avancée de la découverte scientifique, c’est le complexe militaro-industriel et la construction d’un réseau de surveillance par IA.

Tout ça parce que nous n’avons pas encore réussi à nous débrancher du système abusif qu’est le capitalisme, et de son prolongement impérialiste à l’échelle mondiale. Nous sommes étranglés par ce nœud coulant autodestructeur que l’humanité s’est fabriqué il y a quelques siècles, et il ne tardera pas à nous ôter la vie.

Et pourtant, cela aurait pu être si bien. Ça pourrait encore l’être. Il nous faut juste trouver un moyen d’utiliser la force du nombre pour briser ces chaînes et bâtir le monde qu’il faut bâtir. Parce que le système actuel, manifestement, ne fonctionne pas.

Sources :


Source de l’illustration d’en-tête : En dehors de la boîte
Spécification par EDB
Image générée par ImageGen via Codex (OpenAI)


  1. Trillion anglo-saxon = 10¹² = un billion français.
    L’anglicisme évite la confusion avec billionaire (milliardaire). (NdT) 

 

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Blanc Blanc antique
Noir Gris ardoise foncé