Israël entraîne le monde dans les ténèbres

Israël
entraîne le monde
dans les ténèbres

Par Susan Abulhawa

Une publication The Electronic Intifada


Colonialisme Racisme Sionisme Propagande Guerre Droits de l’homme
Palestine Israël États-Unis Occident
Article

Traduit de l’anglais par EDB () • Langue originale : anglais


Israël n’appartient pas au monde moderne. Il est l’enfant du colonialisme européen et de l’antisémitisme génocidaire de l’Europe, imposé par la force, le feu et la culpabilité occidentale sur une terre déjà habitée par un peuple indigène.

Israël est une intrusion contemporaine de cette vieille éthique coloniale qui justifiait le génocide, le nettoyage ethnique, le pillage massif, le vol sans fin et la destruction des peuples indigènes au nom de la colonisation et du droit divin d’un groupe d’humains supérieurs.

Mais, le monde moderne a évolué progressivement sur le plan moral. Il a depuis longtemps répudié, au moins en principe, les pulsions racistes et violentes qui alimentaient la machine coloniale génocidaire d’antan.

La nature anachronique d’Israël est perceptible dans la rhétorique de ses dirigeants et de ses citoyens. Benyamin Netanyahou rappelle les bombardements nucléaires américains d’Hiroshima et de Nagasaki pour justifier le génocide israélien en cours à Gaza.

Les sionistes, en particulier ceux des nations coloniales comme les États-Unis et l’Australie, aiment à nous rappeler que ces pays ont été fondés sur le génocide et le nettoyage ethnique des peuples indigènes.

C’est de ces rappels que découlent leurs accusations de deux poids, deux mesures et d’hypocrisie. « Vous vivez sur une terre volée, pourquoi ne partez-vous pas ? », dit leur rhétorique.

Implicitement, ils admettent qu’ils sont identiques à la force coloniale violente et raciste qui a créé les États-Unis.

En d’autres termes, alors que l’humanité a essayé et continue de s’efforcer de prévenir et de réparer les erreurs du passé, Israël se réfère à ces périodes sombres de l’histoire de l’humanité, non pas dans le contexte du « plus jamais ça », mais comme des précédents historiques qu’il devrait être libre d’imiter.

Alors que nous découvrons encore aujourd’hui des charniers dans les « Indian schools »1 où des enfants indigènes ont été arrachés à leur famille et torturés à mort dans des pensionnats, Israël réclame le droit de créer d’autres charniers de Palestiniens au nom de la « légitime défense ».

Alors que nous nous engageons dans un discours visant à obtenir une reconnaissance et des réparations, comme le monde l’a fait pour les Juifs européens, Israël réclame le droit de procéder à un nettoyage ethnique des Palestiniens indigènes, de voler leurs terres, de piller leurs ressources et de raser leurs villes et leurs terres agricoles.

Alors que nous imaginons et que nous nous efforçons de créer une réalité postcoloniale d’universalisme révolutionnaire, d’inclusion, d’équité et de tolérance, Israël exige le droit à l’exclusivité juive et le privilège juif aux dépens des non-Juifs.

Invoquer le colonialisme américain pour justifier sa propre version n’est pas différent d’invoquer l’esclavage industrialisé de l’Amérique comme un précédent historique à imiter.

Un ordre fondé sur des règles ?

Les gouvernements occidentaux ont longtemps vanté leurs valeurs comme étant le phare de la démocratie et de l’idéalisme vers lequel la modernité doit tendre. Ils adorent faire la leçon au monde sur le droit et l’ordre fondé sur des règles, sur la liberté d’expression, la liberté de réunion, la liberté de ceci et de cela.

Mais, voyez avec quelle rapidité ils dénoncent, opposent leur veto et attaquent les tribunaux, les organisations de défense des droits de l’homme et les protocoles de l’ONU lorsque les institutions qu’ils ont contribué à créer ne servent pas leurs intérêts impériaux. Regardez la rapidité avec laquelle ils empêchent les gens de s’exprimer et envoient leur police contre leurs propres citoyens qui tentent d’exercer ces libertés.

Ils agissent ainsi parce qu’Israël est contraire aux valeurs démocratiques. Il est contraire aux droits de l’homme et à ce que l’on appelle l’ordre fondé sur des règles.

L’Occident doit donc choisir entre Israël et les idéaux qu’il prétend défendre. Et jusqu’à présent, il choisit Israël.

Ce faisant, il entraîne le monde, et lui-même, dans l’abîme.

Les commentateurs indiens parlent déjà d’une solution « du style israélien » au Cachemire. Le monde reste silencieux alors que des dictatures arabes comme les Émirats arabes unis arment des milices génocidaires au Soudan pour prendre le contrôle des vastes trésors d’or et d’uranium du pays.

Israël entraîne le monde dans des ténèbres qui se répandront comme une infection sur notre planète si on ne l’arrête pas et si on ne le tient pas pour responsable de l’holocauste qu’il commet à Gaza et maintenant, semble-t-il, en Cisjordanie également.

La « solution » n’est pas du tout compliquée, contrairement à la propagande sioniste omniprésente.

Il s’agit simplement d’adhérer à une morale universelle acceptée qui rejette la suprématie juive comme elle rejette toutes les autres formes de suprématie. Cela signifie l’égalité des droits pour tous ceux qui habitent la terre, le retour des réfugiés palestiniens dans une nation de citoyens fondée sur le principe d’une personne, une voix.

Sources :


Sources de l’illustration d’en-tête :


  1. Référence aux écoles coloniales destinées à l’assimilation (forcée et abusive) des enfants autochtones d’Amérique du Nord (NdT) 

 

Paramétrage
 Aspect :
Blanc Blanc antique
Noir Gris ardoise foncé