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Traduit de l’anglais par EDB () • Langue originale : anglais |
Après des mois à délirer sur le fentanyl, le « narcoterrorisme », la liberté et la démocratie, l’administration Trump a fini par admettre clairement que son interventionnisme pour le changement de régime au Venezuela a toujours été cette bonne vieille opération de mainmise sur le pétrole.
Eh bien, Trump l’a enfin fait. Les forces spéciales des États-Unis ont attaqué le Venezuela et enlevé le président Maduro à Caracas, tuant au passage au moins 40 personnes, selon les informations rapportées.
Et maintenant que tout est terminé, la Maison-Blanche se montre beaucoup plus franche sur les véritables motivations de son action. Après des mois à délirer sur le fentanyl, le « narcoterrorisme », la liberté et la démocratie, l’administration Trump a fini par admettre clairement que son interventionnisme pour le changement de régime au Venezuela a toujours été cette bonne vieille opération de mainmise sur le pétrole.
« On va reprendre le pétrole — un pétrole qu’on aurait franchement dû reprendre depuis longtemps », a déclaré Trump à la presse après l’enlèvement de Maduro, ajoutant : « Nous allons extraire du sol une quantité énorme de richesse, et cette richesse ira au peuple vénézuélien, et à des gens hors du Venezuela mais qui vivaient auparavant au Venezuela, et elle ira aussi aux États-Unis d’Amérique sous forme de remboursement des torts que ce pays nous a causés. »
« Nous allons faire entrer nos très grandes compagnies pétrolières étatsuniennes, les plus importantes du monde ; elles vont investir des milliards de dollars, réparer une infrastructure gravement délabrée — l’infrastructure pétrolière — et commencer à faire gagner de l’argent au pays ; et nous sommes prêts à lancer une deuxième attaque, beaucoup plus massive, si nous devons le faire. »
« Nous disposons de ressources énergétiques considérables dans ce pays. Il est très important que nous la protégions. Nous en avons besoin pour nous-mêmes, nous en avons besoin pour le monde. »
Trump a dit très explicitement qu’il s’agirait d’un projet d’occupation à long terme par les États-Unis, contredisant les premières affirmations de ses partisans, qui avaient défendu ses actions au Venezuela en les présentant comme une opération éclair des forces spéciales du style on entre, on sort et c’est terminé.
« Nous allons diriger le pays jusqu’au moment où nous pourrons organiser une transition sûre, appropriée et prudente. Donc nous ne voulons pas risquer de laisser quelqu’un d’autre prendre la place, et avoir la même situation que celle que nous avons connue pendant de longues années. Alors nous allons diriger le pays jusqu’au moment où nous pourrons organiser une transition sûre, appropriée et prudente. »
« Les troupes au sol ne nous font pas peur. Et il en faut ; nous avions des troupes au sol hier soir, et à un niveau très élevé. En fait, ça ne nous fait pas peur, et ça ne nous dérange pas de le dire, mais nous allons veiller à ce que ce pays soit dirigé correctement. Nous ne faisons pas ça pour rien. »
On pourrait croire qu’après ces aveux d’une franchise stupéfiante — il s’agit d’une opération de changement de régime visant à contrôler les ressources du pays qui possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole de la planète —, les gens reviendraient à la raison et admettraient qu’on leur a menti sur les véritables motivations de l’administration Trump dans cette offensive contre le Venezuela. Mais je continue à voir, dans les réponses à mes publications sur les réseaux sociaux, des partisans de Trump débiter des discours sur la drogue, le terrorisme et la démocratie, dans le but de défendre les actions de leur idole face à mes critiques contre cet acte de guerre monstrueux.
Un partisan de Trump a essayé de me dire que les aveux du président — comme quoi tout tournait autour du pétrole — ne prouvent pas forcément que ce ne soit pas aussi une opération contre le trafic de drogue, en soutenant que cela pourrait très bien être motivé par les deux à la fois. Ce qui, pour moi, ressemble un peu à une grand-mère qui reconnaîtrait que oui, elle a été victime d’une arnaque par mail, mais ça ne prouve pas forcément que le gentil monsieur qui l’a escroquée ne soit pas aussi un prince nigérian.
Les partisans de Trump lui trouveraient des excuses pour absolument tout. Absolument tout. Je n’exagère pas pour faire de l’effet. Il n’y a absolument rien que Trump puisse faire sans que ses partisans se contorsionnent mentalement pour essayer de lui trouver des excuses.
Trump énonce clairement la vérité sur ce qu’il est, et sur ce qu’est l’empire US, et quiconque garde les yeux ouverts peut le voir aussi clairement que la lumière du jour.
À ceux dont les yeux sont ouverts, ou commencent à s’ouvrir, j’espère que vous continuerez à tirer du Venezuela les mêmes enseignements que vous avez tirés de Gaza. L’empire US ment toujours, les grands médias facilitent toujours ses mensonges, et le Sud global continue d’être mis à sac par les agresseurs meurtriers qui dirigent le monde.
Alors que je dénonçais l’attaque de Trump contre le Venezuela, un larbin de l’empire m’a lancé, moqueur : « Ça doit être triste pour vous de perdre un tyran. »
Je lui ai répondu non ; ce qui est triste pour moi, c’est que nous vivons dans un monde sans loi, gouverné par des tyrans.
Ce qui est triste pour moi, c’est que nous sommes gouvernés par des despotes qui sèment le chaos, capables d’envahir une nation souveraine, d’enlever son dirigeant et de ne subir aucune conséquence.
Ce qui est triste pour moi, c’est que les personnes qui tiennent les rênes du destin de notre espèce soient une bande de voyous sociopathes capables de détruire et de piller n’importe quel pays à leur guise, en toute impunité.
Ce qui est triste pour moi, c’est que la population de notre planète soit soumise aux caprices d’un empire tentaculaire qui renverse des gouvernements, mène des guerres, soutient des génocides, affame des civils par des sanctions, alimente des conflits par procuration, largue des bombes, conditionne des nations entières par la propagande, utilise sa puissance militaire et économique pour intimider et persuader les États de se plier à ses diktats, et sème la souffrance, la destruction et la mort partout dans le monde, à chaque instant de chaque jour.
Ce qui est triste pour moi, c’est que ce sont ces gens-là qui prennent les décisions qui déterminent l’avenir de l’humanité. L’avenir de notre société. L’avenir des ressources de notre planète. L’avenir de nos innovations technologiques. L’avenir de notre écosystème. L’avenir de nos armées. L’avenir de nos armes nucléaires.
Voilà ce qui est triste pour moi. Je n’ai aucun attachement particulier à Maduro en tant qu’individu, mais j’ai un attachement profond à la possibilité qu’un monde sain puisse émerger un jour.
Et, dans l’état actuel des choses, ça paraît plutôt sombre.
C’est ce que je trouve triste.
Sources :
Source de la photographie d’en-tête : The White House
President Trump Holds a Press Conference, Jan. 3, 2026
https://www.youtube.com/live/SsdkClL2_bg
[ Public domain ]
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