Empire du Mensonge et armes biologiques

Empire du Mensonge
et armes biologiques

Par Pepe Escobar

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COVID-19 Économie Propagande Ingérence Guerre Géopolitique
États-Unis Ukraine Russie Occident Union européenne
Article

Traduit de l’anglais par EDB () • Langue originale : anglais


Un programme étatsunien d’armes biologiques en cours en Ukraine est l’une des trois principales raisons qui ont conduit au lancement de l’Opération Z, écrit Pepe Escobar.

Table des matières

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Quelles racines s’agrippent, quelles branches croissent
Parmi les rocailleux débris ? Ô fils de l’homme,
Tu ne peux le dire ni le deviner, ne connaissant
Qu’un amas d’images brisées sur lesquelles frappe le soleil :
L’arbre mort n’offre aucun abri, la sauterelle aucun répit,
La roche sèche aucun bruit d’eau. Point d’ombre
Si ce n’est là, dessous ce rocher rouge
(Viens t’abriter à l’ombre de ce rocher rouge)
Et je te montrerai quelque chose qui n’est
Ni ton ombre au matin marchant derrière toi.
Ni ton ombre le soir surgie à ta rencontre ;
Je te montrerai ton effroi dans une poignée de poussière.

 
S. T. Eliot (1888-1965)
La terre vaine — I. L’enterrement des morts1
 

Cet aperçu de l’« effroi dans une poignée de poussière » figure déjà parmi les principales percées de ce jeune XXIe siècle qui ont été présentées cette semaine par Igor Kirillov, le chef de la force russe de protection contre les rayonnements et les produits chimiques et biologiques.

Les résultats provisoires des preuves recueillies sur l’utilisation d’armes biologiques étatsuniennes en Ukraine sont tout simplement étonnants. Voici les principaux éléments à retenir :

  • Les idéologues des États-Unis en matière d’armes biologiques font partie de la direction du Parti démocrate. En s’associant à des organisations non gouvernementales de biotechnologie, en utilisant les fonds d’investissement des Clinton, des Rockefeller, de Soros et de Biden, ils ont bénéficié d’un financement supplémentaire pour leur campagne — le tout soigneusement dissimulé. En parallèle, ils ont monté la base législative permettant de financer le programme d’armes biologiques directement à partir du budget fédéral.

  • Les fabricants de vaccins contre le COVID-19, Pfizer et Moderna, ainsi que Merck et Gilead — connus pour être les « inconnus connus » de Donald, et affiliés au Pentagone — ont été directement impliqués.

  • Les spécialistes des États-Unis ont testé de nouveaux médicaments dans les biolabs ukrainiens en contournant les normes de sécurité internationales. Selon Kirillov, en agissant de la sorte, « les entreprises occidentales réduisent sérieusement le coût des programmes de recherche et obtiennent des avantages concurrentiels importants ».

  • Selon Kirillov, « aux côtés des entreprises pharmaceutiques étatsuniennes et des contractants du Pentagone, les agences gouvernementales ukrainiennes sont impliquées dans les activités de biotechnologie militaire, dont les principales tâches consistent à dissimuler les activités illégales, à mener des essais sur le terrain et des essais cliniques et à fournir le biomatériau nécessaire ».

  • Le Pentagone, a souligné Kirillov, a étendu son potentiel de recherche non seulement en termes de production d’armes biologiques, mais aussi de collecte d’informations sur la résistance aux antibiotiques et la présence d’anticorps contre certaines maladies parmi la population de régions spécifiques. Dans les faits, le terrain d’expérimentation en Ukraine échappait au contrôle de la prétendue « communauté internationale ».

Ces résultats, amplement documentés, suggèrent l’existence d’un vaste racket d’armes biologiques « légitimé » qui atteint les plus hautes sphères du pouvoir politique des États-Unis. Il ne fait aucun doute que les Russes ont l’intention de le démasquer complètement au profit de l’opinion publique mondiale, en commençant par un tribunal pour crimes de guerre qui sera mis en place cet été, très probablement à Donetsk.

L’existence d’un programme étatsunien d’armes biologiques en Ukraine est l’une des trois principales raisons qui ont conduit au lancement de l’Opération Z, au même titre que la prévention d’un blitzkrieg2 imminent contre le Donbass sous la direction de l’OTAN et le désir de Kiev de relancer un programme d’armes nucléaires. Ce sont les trois principales lignes rouges pour la Russie.

La force des preuves recueillies peut présenter une corrélation directe avec ce qui a été largement interprété comme un discours du Jour de la Victoire soigneusement pesé par le président Poutine. Le Kremlin ne bluffe pas. Il privilégiera certainement la présentation méticuleuse des faits — armes biologiques — sur le terrain plutôt que la rhétorique grandiloquente.

Le retour de Nord Stream 2

Le représentant permanent adjoint auprès de l’ONU, Dmitry Polyaniskiy, a fait part de la demande de la Russie d’une réunion publique du Conseil de sécurité de l’ONU afin de présenter de nouvelles preuves liées aux biolabs US en Ukraine. Même si les États-Unis mettent leur veto à cette réunion, les preuves seront inscrites par la Russie dans les dossiers de l’ONU.

Ces développements fournissent l’indication supplémentaire qu’il n’y a absolument plus de place pour la diplomatie entre la Russie et les États-Unis/l’Occident collectif, comme Polyaniskiy lui-même l’a suggéré lorsqu’il a commenté l’éventuelle adhésion de l’Ukraine à l’UE : « La situation a changé après la déclaration de M. Borrell selon laquelle “cette guerre doit être gagnée sur le champ de bataille” et après le fait que l’Union européenne est devenue le chef de file des livraisons d’armes [à l’Ukraine]. »

Et ce n’est pas tout. La prochaine étape concerne la volonté de la Finlande de rejoindre l’OTAN.

Les Américains parient que l’adhésion de la Finlande — et de la Suède — à l’OTAN discréditera totalement l’Opération Z de Poutine comme n’ayant pratiquement rien accompli sur le plan stratégique : après tout, dans un avenir proche, les éventuels missiles hypersoniques US stationnés en Finlande et en Suède seront tout près de Saint-Pétersbourg et de Moscou.

Pendant ce temps, le démasquage par la Russie du racket des armes biologiques incitera une partie toxique des élites politiques américaines à intensifier leur bellicisme. Tout cela suit un scénario soigneusement calculé.

Tout d’abord, ces « élites » supervisant les armes biologiques ont ordonné le bombardement massif du Donbass par Kiev début février. Cela a forcé la main du Kremlin, le poussant à lancer l’Opération Z.

Nous devrions toujours nous rappeler que le but ultime du plan des États-Unis consistant à entraîner les Ukrainiens à la guerre depuis 2014 était d’aliéner l’Allemagne à la Russie — car l’Allemagne contrôle de fait l’Euroland sur le plan économique.

Le contrôle impérial des océans permet à l’Empire d’étrangler l’Allemagne à volonté pour la soumettre en la coupant de l’énergie russe — comme les Britanniques l’ont fait à l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale lorsque Britannia régnait sur les eaux. La Wehrmacht ne pouvait pas approvisionner son armée mécanisée en carburant. Maintenant, en théorie, l’Allemagne et l’UE devront se tourner vers les mers — et la dépendance totale envers les États-Unis — pour leurs ressources naturelles.

Le régime de Kiev, contrôlé à distance et dominé par les fanatiques du SBU et les néonazis d’Azov, rend la tâche encore plus difficile — en coupant tout le gaz naturel, de la Russie jusqu’à l’Europe en traversant l’Ukraine, réduisant ainsi le flux de plus d’un tiers.

Cela se traduit par un chantage exercé par les États-Unis pour forcer l’UE à accroître l’armement de l’Ukraine contre la Russie. Les conséquences pratiques pour l’Allemagne et l’UE seront terribles — en termes de fermeture d’industries et de coût du chauffage et de l’électricité.

La Russie, quant à elle, s’appuiera sur un labyrinthe de pipelines renforcé vers la Chine et l’Asie de l’Est, ainsi que sur les trains à grande vitesse pour transporter toutes ses ressources naturelles.

Le retour de bâton contre les Américains n’est pas exclu. Des choses plus étranges se sont produites. Si le transit du gaz vers l’Europe en passant par l’Ukraine est totalement coupé, il n’y a pas d’alternatives. Et cela — en supposant qu’il y ait, à Berlin, des QI en bon état de fonctionnement — ouvrirait la voie à une renégociation sur l’avenir de Nord Stream 2.

Comme le note le chef du Centre de développement énergétique, Kirill Melnikov, « le gazoduc Yamal-Europe est pratiquement inactif et l’une des lignes de Nord Stream 2 est également prête à être exploitée, bien que le régulateur allemand n’ait pas encore délivré d’autorisation pour son lancement ».

Cela a poussé Melnikov à un commentaire impayable : « Si les achats restent les mêmes, l’Allemagne devra probablement autoriser d’urgence le lancement de l’une des lignes Nord Stream 2 afin de remplacer la voie de transit ukrainienne. »

Personne n’a jamais perdu d’argent en pariant sur l’étonnante stupidité qui imprègne les niveaux de décision des eurocrates. Même confrontée à un suicide économique, l’UE est prête à tout pour « abandonner » le pétrole russe. Pourtant, une interdiction totale est impossible, à cause de l’Europe de l’Est privée d’énergie.

Tout analyste énergétique impartial sait que le remplacement du pétrole russe est une question de vie ou de mort, et ce pour plusieurs raisons : l’accord OPEP+, l’effroyable fossé entre Washington et Riyad, l’interminable renégociation du PAGC, où les Américains se comportent comme des poulets sans tête, et le fait crucial — cela semble dépasser l’entendement des eurocrates — que les raffineries européennes sont conçues pour utiliser le pétrole de l’Oural.

Alors que nous pensions pouvoir profiter de l’été en regardant l’Europe se faire hara-kiri, il est temps de faire le plein d’Aperol Spritz. Préparez-vous pour une nouvelle série à succès, saison 1 : dans les coulisses du racket américain des armes biologiques.

Sources :


Sources de l’illustration d’en-tête :


  1. Extrait (1921-1922) de La terre vaine et autres poèmes, traduit de l’anglais par Pierre Leyris (1976), Points, Seuil, 2006 (NdT) 

  2. Guerre éclair (NdT) 

 

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