Derrière le « Tribunal ouïghour », un théâtre séparatiste soutenu par le gouvernement des États-Unis pour intensifier le conflit avec la Chine

Derrière le « Tribunal ouïghour », un théâtre séparatiste soutenu par le gouvernement
des États‑Unis pour intensifier
le conflit avec la Chine

Par Brian Berletic

Une publication The Grayzone

Ouïghours Ingérence Impérialisme Propagande Médias
États-Unis Royaume-Uni Chine Occident
Article

Traduit de l’anglais par EDB () • Langue originale : anglais


Des activistes et des agents de changement de régime soutenus par les États-Unis ont convoqué le Tribunal ouïghour pour intensifier le conflit avec la Chine, mais ils ont fini par exposer des incohérences majeures dans leur récit.

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Alors que la campagne de propagande du gouvernement des États-Unis contre la Chine s’éternise, un tribunal fictif est devenu le point central pour la diffusion des allégations de génocide ouïghour auprès des médias occidentaux. Mais derrière les histoires d’horreur soigneusement écrites et transmises au public par des médias peu critiques se cachent de très importantes divergences, des sentiments séparatistes manifestes et d’énormes sommes d’argent provenant du gouvernement des États-Unis.

En juin dernier, des séparatistes ouïghours et des agents de l’industrie des droits de l’homme financés par Washington ont organisé un « Tribunal ouïghour » pour démontrer, au cours de 80 heures de témoignages fastidieux, que le gouvernement chinois est coupable du crime de génocide dans sa province occidentale du Xinjiang.

Bien que le faux tribunal se soit présenté comme « indépendant », il a été organisé par un groupe séparatiste financé par le gouvernement des États-Unis qui, depuis des années, joue un rôle clé dans la production de la propagande anti-chinoise.

Afin d’étayer les récits tirés du spectacle, de grandes organisations médiatiques telles que CNN ont créé différents shows annexes mettant en scène les témoins vedettes du tribunal. Dans le processus, ils ont involontairement exposé des incohérences majeures dans les témoignages, révélant l’ensemble de l’exercice comme étant une autre arme de dénonciation occidentale déployée contre une nation ciblée.

Les allégations étatsuniennes de « génocide chinois » au Xinjiang jettent les bases narratives du Tribunal ouïghour

Le gouvernement des États-Unis affirme que la Chine commet un génocide à l’encontre de l’ethnie ouïghoure, dont beaucoup sont musulmans, dans le but de les effacer culturellement. Cette affirmation a servi de base narrative à des spectacles médiatiques de haut niveau comme le Tribunal ouïghour.

Aucune motivation ni aucun contexte n’est fourni pour expliquer pourquoi le gouvernement chinois se livrerait à de tels abus présumés.

En réalité, une campagne de terrorisme à des fins séparatistes s’est déroulée dans la région chinoise du Xinjiang à partir du début des années 1990. Une minorité extrémiste violente d’Ouïghours avait été radicalisée par le fondamentalisme wahhabite importé d’Arabie saoudite, comme l’expliquait le LA Times en 2016.

Le terrorisme qui en a résulté visait non seulement des aspects de l’État chinois, mais aussi des compatriotes ouïghours qui refusaient d’adopter cette idéologie extrémiste importée.

Alors que les médias occidentaux ne mentionnent aujourd’hui que très peu, voire pas du tout, cette violence extrême, ceci afin de dépeindre les opérations de sécurité au Xinjiang comme insensées et « répressives », des organisations médiatiques telles que la BBC étaient à l’époque plus qu’heureuses de rendre compte des meurtres et du chaos au fur et à mesure qu’ils se déroulaient, et de souligner l’apparente impuissance de Pékin.

Un article de 2014 de la BBC, intitulé « Pourquoi y a-t-il des tensions entre la Chine et les Ouïghours ? », fournissait une liste exhaustive illustrant la nature horrible de ces attaques, en partant des émeutes ethniques qui ont fait 200 morts dans la capitale régionale d’Urumqi en 2009 jusqu’à une tentative de détournement aérien par des militants ouïghours en 2012.

En avril et juin 2013, la police a ouvert le feu sur une foule de séparatistes armés de couteaux dans le comté de Shanshan, au Xinjiang, qui s’en prenait aux bâtiments du gouvernement local, faisant 27 morts.

Cet incident sanglant a été suivi d’assauts massifs de séparatistes ouïghours qui ont fait plus de 30 morts à Urumqui en mai 2014, ainsi que d’attentats à la bombe et au couteau dans des centres de transport locaux et des mosquées qui ont fait près de 150 morts cette année-là.

Avec leurs attaques, les séparatistes ouïghours ont également fait 20 morts dans le centre-ville de Bangkok en 2015, tandis que des milliers d’autres ont afflué dans les zones de Syrie contrôlées par Al-Qaïda pour participer à la sale guerre soutenue par l’OTAN contre Damas, avec des plans explicites pour ramener le combat en Chine.

Derrière le Tribunal ouïghour, un front séparatiste financé par le gouvernement des États-Unis

Le fait que ce terrorisme et cet extrémisme de grande ampleur, qui ont fait l’objet d’une longue couverture il y a des années, ne soient plus mentionnés par les mêmes organisations médiatiques qui rendent compte du « Tribunal ouïghour » aujourd’hui est un indicateur évident non seulement de la tromperie qui est à l’œuvre, mais aussi du niveau de coordination que cela implique.

Des articles d’organisations médiatiques occidentales, dont Radio Free Asia et Voice of America, dirigées par le département d’État, CodaStory, financée par le gouvernement des États-Unis, la BBC, soutenue par l’État britannique, France 24, Associated Press, ABC Australia, Al Jazeera, le média d’État qatari, The Hill et le Washington Post, ont tour à tour affirmé à tort que le tribunal était « indépendant » et « sans soutien de l’État ».

Sans la moindre distanciation critique, les médias ont diffusé des récits de première main sur les abus systématiques commis par le gouvernement chinois à l’encontre des Ouïghours, sans mentionner la violence séparatiste du Xinjiang ou en décrivant l’effusion de sang uniquement dans le contexte des raisons pour lesquelles la Chine « prétend » avoir pris des mesures de sécurité sur son territoire occidental.

Les médias ont également omis d’examiner l’affirmation du tribunal selon laquelle il est « indépendant » et n’est parrainé par aucun gouvernement.

Sur le site Internet officiel du Tribunal ouïghour, sur une page intitulée « À propos », l’événement admet que le Congrès mondial ouïghour, financé par le gouvernement des États-Unis, a lancé ce tribunal par l’intermédiaire de Sir Geoffrey Nice, un juriste britannique dont les services ont été contractés par le gouvernement du Qatar.

Comme l’a précédemment rapporté The Grayzone, Nice faisait partie d’une équipe de changement de régime parrainée par le Qatar et visant la Syrie, et a été engagé pour légitimer les douteux « dossiers Caesar » utilisés pour obtenir le soutien de Washington en vue d’imposer des sanctions sévères à Damas.

Le Congrès mondial ouïghour (World Uyghur Congress / WUC), quant à lui, est financé par le gouvernement des États-Unis par le biais de la National Endowment for Democracy (NED / Fondation nationale pour la démocratie), le bras financier de Washington pour l’ingérence politique dans le monde entier et, de l’aveu général, l’héritière des activités de changement de régime de la CIA.

Le WUC est une organisation politique séparatiste qui fait référence au Xinjiang en le nommant « Turkestan oriental » et affirme qu’il est « occupé » par la Chine.

Bien que le WUC dit être un « mouvement d’opposition non violent et pacifique », il s’est montré indifférent à l’usage de la violence dans la poursuite de son programme séparatiste.

En 2014, l’imam ouïghour de la plus grande mosquée de Chine, Jume Tahir, mentionné plus haut dans le reportage de la BBC, a été poignardé à mort par des séparatistes. Le porte-parole du Congrès mondial ouïghour, Dilxat Raxit, a réagi, dans une citation dans le New York Times, en blâmant le gouvernement chinois et en condamnant les « peines sévères » infligées aux meurtriers.

En plus d’être à l’origine du tribunal, le Congrès mondial ouïghour l’a financé.

Sur une deuxième page du site web du Tribunal ouïghour, concernant le financement, on peut lire : « Une page dédiée à un financement participatif a permis de réunir près de 250 000 livres sterling, avec un montant initial d’environ 115 000 dollars donné par la diaspora ouïghoure par l’intermédiaire du Congrès ouïghour mondial. »

L’effort du financement participatif comptait 764 supporters, ce qui signifie que le don moyen aurait été d’environ 330 livres sterling. Un examen des contributions réelles a révélé que les donateurs identifiables étaient beaucoup moins nombreux, la majeure partie du financement provenant de supporters anonymes qui ont versé des milliers, voire des dizaines de milliers de livres sterling à la fois dans la campagne. Parmi eux, deux dons anonymes de 55 000 et 66 000 livres respectivement, soit près de la moitié de la somme totale collectée.

Le Congrès mondial ouïghour lui-même n’a qu’une seule source de revenus prouvée : les subventions annuelles du gouvernement des États-Unis par le biais de la NED.

Selon Voice of America, le directeur de projet britannique du Congrès mondial ouïghour, Rahime Mahmut, a également fait partie du personnel du tribunal — un autre conflit d’intérêts flagrant.

L’autre organisation mentionnée comme partenaire dans le lancement du Tribunal ouïghour est la Coalition pour la réponse au génocide (Coalition for Genocide Response).

L’équipe à l’origine de cette opération comprend Ewelina Ochab, qui a déjà conclu qu’un « génocide » a lieu au Xinjiang, ainsi que Geoffery Nice, qui a présidé le Tribunal ouïghour et avait auparavant présidé son prédécesseur tout aussi douteux, le « Tribunal chinois ».

Luke de Pulford est également membre de la Coalition pour la réponse au génocide, et il est admis qu’il est « conseiller » du Congrès mondial ouïghour, financé par le gouvernement des États-Unis.

Parmi les parrains de la coalition figure le juge australien à la retraite Michael Kirby, qui a déjà dirigé une opération de propagande similaire, une enquête des Nations unies sur les violations présumées des droits de l’homme en Corée du Nord. Ce spectacle s’appuyait sur des témoignages sans aucune preuve matérielle pour étayer les affirmations faites au cours de la procédure. L’un des témoins vedettes de l’enquête sur la Corée du Nord, Shin Dong-hyuk, a admis par la suite avoir menti sur son témoignage.

Parmi les organisations répertoriées comme faisant partie de la Coalition pour la réponse au génocide figure l’organisation « End Transplant Abuse in China » (« Mettre fin aux abus de transplantation en Chine ») ou ETAC. ETAC est à l’origine du précédent « Tribunal chinois » et compte Louisa Greve, directrice régionale de la National Endowment for Democracy depuis 20 ans, parmi les membres de son « comité consultatif international ».

Lousia Greve travaille aujourd’hui pour l’Uyghur Human Rights Project (UHRP / Projet des droits de l’homme ouïghour), financé par la NED, qui a également participé au Tribunal ouïghour.

Il est désormais évident qu’un réseau d’organisations connexes a été créé pour produire des tribunaux, des enquêtes et des rapports ciblant les nations que Washington cherche à contraindre, à saper ou à déstabiliser au niveau interne, le tout sur la base d’allégations douteuses de violations des droits de l’homme.

La production des récits sur les « bébés des couveuses » et les « armes de destruction massive » a été industrialisée et reproduite à l’échelle mondiale. Et le dernier produit de la chaîne de montage du changement de régime est le Tribunal ouïghour.

Le juriste britannique Geoffrey Nice (à gauche) et le fondamentaliste chrétien Adrian Zenz (à droite) au Tribunal ouïghour en juin 2021

Un réseau incestueux de participants et de témoins

Parmi les personnes qui ont comparu devant le comité d’audience du Tribunal ouïghour figurait le président du Congrès ouïghour mondial, Dolkun Isa, financé par le gouvernement des États-Unis, qui est à l’origine du tribunal et a fait une déclaration le 4 juin 2021.

Parmi les autres membres d’organisations financées par le gouvernement des États-Unis participant au prétendu tribunal figuraient Muetter Illiqud, de l’Uyghur Transitional Justice Database (Base de données de la justice transitionnelle ouïghoure) financée par la NED, Rushan Abbas et Julie Millsap, de la Campaign for Uyghurs (Campagne pour les Ouïghours) financée par la NED, Bahram Sintash et Elise Anderson, de l’Uyghur Human Rights Project (Projet des droits de l’homme ouïghour) financé par la NED, et Laura Harth, de Safeguard Defenders, anciennement connu sous le nom de China Action et financé par la NED.

Témoignage au Tribunal ouïghour de la traductrice du gouvernement des États-Unis, Rushan Abbas, qui a travaillé avec les agences de renseignement étatsuniennes, le département d’État, le département de la Défense et le département de la Sécurité intérieure

Le Congrès mondial ouïghour est cité nommément, avec l’UHRP, la Campagne pour les Ouïghours et le Fonds de secours aux réfugiés ouïghours (Uyghur Refugee Relief Fund), sur le site web officiel de la NED, sous la rubrique « Xinjiang / Turkestan oriental 2020 ».

Sur une autre page de la NED intitulée « La loi sur la politique des droits de l’homme ouïghoure repose sur le travail des bénéficiaires de la NED », l’Uyghur Transitional Justice Database Project est également mentionné comme recevant de l’argent de l’organisme étatsunien chargé du changement de régime.

Adrian Zenz, de la Fondation pour la mémoire des victimes du communisme (Victims of Communism Memorial Foundation / VOC) parrainée par le gouvernement des États-Unis, a également fait une déclaration au tribunal, tout comme Shohret Hosur, qui travaille pour Radio Free Asia du département d’État.

Zenz, comme l’a rapporté The Grayzone, est un fondamentaliste chrétien responsable d’une série de rapports alléguant la stérilisation forcée et le génocide par les autorités chinoises, qui ont été entachés d’erreurs majeures,, de manipulations statistiques et de rétractations.

Parmi les autres participants du tribunal figurent Mihrigul Tursun, qui s’est vu décerner le Citizen Power Award affilié à la NED en 2018, Sayragul Sauytbay, qui a reçu le prix Women of Courage Award du département d’État en 2020, et IPVM, un service d’information sur la vidéosurveillance précédemment chargé par le gouvernement des États-Unis de mener des recherches sur les programmes de surveillance chinois au Xinjiang.

Sean Robert, conseiller principal de 1998 à 2006 auprès de la mission de l’USAID en Asie centrale — la zone limitrophe de la région chinoise du Xinjiang — était également présent. Robert s’emploie depuis des années à promouvoir la propagande financée par le gouvernement des États-Unis concernant le Xinjiang, aux côtés des piliers tels que Rushan Abbas et Louisa Greve.

Presque tous les autres « témoins » présentés devant le prétendu tribunal participent depuis longtemps à cette campagne de propagande financée par le gouvernement des États-Unis et visant la Chine et ses prétendus abus au Xinjiang.

Il s’agit notamment d’Omir Bekali, qui a déjà été invité à témoigner devant le Congrès des États-Unis en 2018 ; Asiye Abdulahed, qui prétend être la source des soi-disant « China Files » ; Zumret Dawut, dont les allégations ont été utilisées par l’ancien secrétaire d’État des États-Unis Mike Pompeo dans des attaques visant la Chine ; et Tursunay Ziyawudun, qui s’est exprimé devant le Congrès en 2021.

Nathan Ruser (à droite), de l’ASPI, militant pour le changement de régime financé par les gouvernements occidentaux, témoignant devant le Tribunal ouïghour

Des Occidentaux représentant des groupes de réflexion financés par des entreprises et engagés depuis longtemps dans la propagande anti-chinoise ont également fait des déclarations au tribunal, comme Nathan Ruser de l’Australian Strategic Policy Institute (ASPI), financé par le Département d’État des États-Unis ; Darren Byler et Jessica Batke de « ChileFile », une filiale de l’Asia Society financée par les gouvernements australien et japonais ainsi que par l’Open Society Foundations ; et Charles Parton du Royal United Services Institute (RUSI), financé par le département d’État des États-Unis, l’UE, le Canada, le Qatar, la Grande-Bretagne, le Japon et l’Australie, ainsi que par des fabricants d’armes comme BAE, Airbus, Lockheed, Northrop Grumman, Raytheon et General Dynamics.

Bien que l’événement se déroule au Royaume-Uni, l’influence écrasante du gouvernement des États-Unis sur ceux qui participent au Tribunal ouïghour est évidente, à tel point que prétendre qu’il n’a « aucun soutien de l’État » est totalement inexact.

80 heures de tromperies, de contradictions et de ouï-dire

Le témoignage lui-même a été fastidieux, même selon les normes des tribunaux factices, avec un total de près de 80 heures enregistrées et transférées sur la chaîne YouTube du Tribunal ouïghour. Une vérification ponctuelle des témoignages révèle toutefois des divergences assez importantes.

Le premier jour du tribunal, Muetter Illiqud, de la Base de données sur la justice transitionnelle ouïghoure financée par le gouvernement des États-Unis, a fourni des chiffres totaux incohérents sur les Ouïghours prétendument internés, ainsi que des comptes rendus contradictoires sur les restrictions imposées par le gouvernement chinois quant au nombre d’enfants autorisés dans les villes et les villages ruraux.

N’ayant pas réussi à expliquer ces divergences, Illiqud a été invité par Geoffrey Nice, président du tribunal, à revenir en septembre avec les contradictions résolues.

Gulzire Alwuqanqizi, qui a fait sa déposition avec une bannière « ChinaAid » affiliée à la NED derrière elle, a affirmé dans sa déposition écrite avoir été forcée de travailler dans une usine pendant un mois et demi (environ 45 jours), où elle prétend avoir fabriqué plus de 2 000 gants. Pourtant, dans sa déclaration orale, elle affirme n’avoir jamais pu atteindre le quota quotidien de 20 gants et n’en avoir fabriqué que 11 ou 12. Si cela est vrai, Alwuqanqizi aurait produit au maximum 540 gants. Il ne lui a jamais été demandé de préciser pourquoi sa déclaration écrite ne correspondait pas à ses affirmations verbales.

Alwuqanqizi a également affirmé avoir été surprise en train d’envoyer des photos de l’usine à son mari. Elle a prétendu : « Un jour, j’ai pris une photo de l’usine et je la lui ai envoyée. Suite à cela, j’ai été interrogée, ils ont posé les mêmes questions que celles qu’ils avaient toujours posées, toute la nuit, mais ils ont fini par me laisser partir. »

Pourtant, dans sa déposition orale, Alwuqanqizi a affirmé : « Dans l’usine où nous produisions les gants, j’ai envoyé une photo et, en guise de punition, j’ai été mise dans quelque chose comme un fossé, un puits de 20 mètres de profondeur. Ils m’ont jeté des courants électriques, ils ont versé de l’eau sur moi, et m’ont gardé là pendant 24 heures. »

La commission qui a interrogé Alwuqanqizi a également passé sous silence son incohérence flagrante.

Dans une procédure qui dure 80 heures, il y a forcément des incohérences de la part des participants. Cependant, lorsque la commission du Tribunal ouïghour a été confrontée à des incohérences flagrantes, elle n’a pris aucune mesure, les ignorant, les excusant ou permettant aux témoins de modifier leurs déclarations à une date ultérieure afin d’aplanir les contradictions évidentes.

Bien entendu, peu de gens assisteront aux témoignages en direct, et encore moins à un contre-interrogatoire des déclarations orales avec leurs déclarations écrites pour examiner les divergences évidentes. Au lieu de cela, le grand public s’en remettra aux interprétations des médias occidentaux de faits saillants choisis avec soin, conçus pour s’attaquer aux émotions des gens et avancer la conclusion prédéterminée que, oui, la Chine commet un « génocide ».

Les acrobaties du Tribunal ouïghour exposent de nouvelles divergences et tromperies

Parmi les participants au tribunal figurait Omir Bekali, qui a également fait l’objet d’un reportage sur CNN concernant un prétendu ancien officier de police chinois appelé « Jiang ». Jiang prétend avoir pris part aux exactions commises au Xinjiang.

L’article de CNN était clairement destiné à renforcer le récit que le Tribunal ouïghour cherche à cimenter dans les médias internationaux. Au lieu de cela, il a fini par produire ce qui était peut-être les affirmations les plus accablantes et contradictoires de l’événement.

Bien que CNN ait appelé le policier présumé Jiang, le tribunal l’a appelé « Wang Leizhan ».

Dans son témoignage devant le tribunal en juin, Jiang a déclaré qu’il n’avait jamais participé aux interrogatoires. De plus, il a déclaré qu’ils avaient lieu dans une installation entièrement séparée.

Pourtant, CNN a présenté Jiang, plus tard en octobre, comme ayant non seulement présidé à des interrogatoires, mais aussi comme ayant commis des actes de torture spécifiques au cours de ces séances.

Durant le procès en juin, Jiang a affirmé n’avoir jamais été témoin d’un quelconque abus sexuel et n’avoir jamais posé la moindre question à ce sujet. Cependant, lors de son entretien avec CNN, il a évoqué différents types d’abus sexuels, dont le viol, selon lui.

CNN n’a jamais pris la peine d’expliquer s’il a été témoin de ces actes, s’il les a entendus de la bouche d’autres personnes ou s’il y a participé directement. CNN n’a pas non plus expliqué pourquoi ses affirmations contredisaient ses déclarations lors du procès de juin.

Le supposé « officier de police chinois » appelé Jiang par CNN mais désigné sous le nom de « Wang Leizhan » dans le tribunal ouïghour

En fait, CNN est l’un des rares médias occidentaux qui semblent ne pas avoir couvert le Tribunal ouïghour. Dans sa vidéo d’octobre et l’article qui l’accompagnait, CNN n’a même pas mentionné le tribunal, omettant de préciser que les trois témoins présumés présentés dans son reportage étaient également des participants au Tribunal ouïghour : Jiang / Wang Leizhan, Omir Bekali, et Abduweli Ayup ont écrit des déclarations sur le site officiel du tribunal.

Un autre show annexe a eu lieu en septembre dernier en Suisse. Un article de Reuters intitulé « La Chine accuse Washington de “basses manœuvres politiques” au sujet d’une exposition sur les Ouïghours » a rapporté : « Une exposition de photographies ouïghoures, soutenue par les États-Unis, montrant des dizaines de personnes disparues ou présumées détenues dans des camps au Xinjiang, en Chine, a été inaugurée en Suisse jeudi, ce qui a incité Pékin à publier une déclaration furieuse accusant Washington de “basses manœuvres politiques”. »

L’article affirme également : « Les États-Unis ont accordé une subvention financière pour l’exposition, qui se rendra ensuite à Bruxelles et à Berlin, a déclaré à Reuters le Congrès mondial ouïghour. Plus tôt cette semaine, la mission étatsunienne à Genève a présenté l’exposition lors d’une réception diplomatique, selon des sources qui y ont assisté. »

Un porte-parole de la mission étatsunienne a déclaré : « Nous nous sommes engagés à placer les droits de l’homme au centre de notre politique à l’égard de la Chine, et nous continuerons à mettre en lumière les graves violations des droits de l’homme que nous voyons commettre par la RPC [République populaire de Chine] dans toute la Chine, au Xinjiang, au Tibet, à Hong Kong et ailleurs. »

Lorsque le Tribunal ouïghour rendra sa « décision finale », attendue pour décembre 2021, juste avant les Jeux olympiques de Pékin de 2022, ses conclusions seront utilisées par des médias occidentaux pleinement complices pour tenter de convaincre le public que la Chine commet un génocide et qu’il faut l’affronter.

Le séparatisme au grand jour est ignoré par les médias occidentaux

Le Tribunal ouïghour et ceux qui y participent sont dépeints au public comme des défenseurs des droits de l’homme préoccupés par la situation au Xinjiang. Après un examen plus approfondi, il est évident que cette présentation n’est qu’un écran de fumée cynique. En fait, les Ouïghours impliqués dans le tribunal et la vaste machine de propagande sur le « génocide ouïghour » financée par les États-Unis font partie d’une campagne clairement séparatiste.

Le Tribunal ouïghour n’a pas discuté de l’utilisation constante du nom « Turkestan oriental » au lieu de « Xinjiang ». Ce terme a été utilisé non seulement par ceux qui ont fait des déclarations, mais même par les membres de la commission du tribunal.

Les observateurs attentifs ont pu remarquer une surabondance de drapeaux bleu clair ornés de croissants blancs à l’arrière-plan des bureaux d’où les participants ont fait des déclarations vidéo.

Mihrigul Tursun, militante séparatiste du Xinjiang basée aux États-Unis, s’exprimant devant le Tribunal ouïghour, avec des drapeaux des États-Unis et du « Turkestan oriental » derrière elle

Ces drapeaux sont des drapeaux séparatistes du Turkestan oriental. À un moment de la procédure, le militant pro-séparatiste Arslan Hidayat a été vu en train d’interpréter pour au moins deux témoins. Hidayat a demandé à plusieurs reprises que le Xinjiang soit ethniquement nettoyé des Chinois Han et a préconisé le recours à la violence pour y parvenir.

Alors que les articles de CodaStory, financés par la NED, présentent la photo de Hidayat, il n’est jamais fait mention de son plaidoyer pour la violence.

Les opinions ouvertement séparatistes affichées par la plupart des personnes impliquées dans le tribunal sont peut-être le facteur le plus important de son manque de légitimité. Mais comme pour beaucoup de tromperies et d’incohérences dans ce tribunal — sans parler des liens profonds du gouvernement des États-Unis avec celui-ci — les médias occidentaux ont fermé les yeux.

Il est tout simplement impossible que la presse puisse être aussi ignorante du véritable agenda séparatiste caché du Tribunal ouïghour et de ceux qui y sont impliqués. Son refus de fournir au public ce contexte critique illustre une fois de plus comment un récit soigneusement chorégraphié a été dépouillé de toute réalité et diffusé pour intensifier une nouvelle guerre froide.

 

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