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Traduit de l’anglais par EDB () • Langue originale : anglais |
Plus nous attendrons pour faire la révolution, plus ils disposeront d’armes pour nous en empêcher.
Aujourd’hui en dystopie, les Américains sont de plus en plus indignés par l’omniprésence des caméras de surveillance Flock assistées par IA dans les villes des États-Unis. Des dirigeants de Flock pris en flagrant délit de mensonge et des vidéos virales montrant des policiers abusant de leur accès à cette technologie ont contribué à ce tollé, tandis que des actes de vandalisme contre les caméras se multiplient dans les espaces publics.
Aujourd’hui en dystopie, le gouvernement allemand s’apprête à interdire aux salariés de se déclarer malades par téléphone afin de relancer l’économie en réduisant le nombre d’arrêts maladie. La nouvelle réglementation exigerait un certificat médical établi en présentiel dès le premier jour. Ils le disent désormais sans détour : le public est là pour servir les grandes entreprises.
Aujourd’hui en dystopie, on commence à voir des vidéos de robots quadrupèdes tirant avec précision et un recul minimal. Je sais qu’on a toujours appelé ces engins des « chiens robots », mais c’est un terme un peu impropre quand on sait depuis le début qu’ils n’ont jamais été conçus que comme un système de transport tout-terrain pour des armes autonomes destinées à réprimer les révolutions.
Aujourd’hui en dystopie, YouTube prévient les créateurs de contenu britanniques que les projets de loi du Royaume-Uni entraîneront une baisse de la visibilité de leurs vidéos sur la plateforme, car les nouvelles règles exigeraient d’amplifier la portée des gestionnaires autorisés du discours, comme la BBC, au détriment des voix indépendantes qui pourraient ne pas régurgiter le discours officiel de l’empire.
Aujourd’hui en dystopie, l’ensemble de la structure du pouvoir occidental pousse agressivement l’agenda visant à restreindre l’accès des enfants à la pornographie en ligne et aux plateformes de réseaux sociaux, ce qui paraît très bien jusqu’à ce que l’on comprenne que ces lois sont inapplicables sans un renforcement massif de la capacité du gouvernement à surveiller l’utilisation d’Internet par tout le monde, quel que soit son âge. Une loi majeure sur la vérification de l’âge a récemment été adoptée par la Chambre des représentants aux États-Unis, malgré la résistance des défenseurs des droits en ligne et des groupes de vigilance.
Aujourd’hui en dystopie, l’UE a autorisé les poursuites pénales à l’encontre de toute personne partageant des vidéos de RT (Russia Today) en ligne, en raison des sanctions imposées à la Russie à la suite de l’invasion de l’Ukraine. En vertu de cette nouvelle mesure, de simples citoyens européens risquent désormais de purger une véritable peine de prison s’ils partagent des vidéos de RT sur leur site personnel.
Aujourd’hui en dystopie, la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, recourt à une procédure rarement utilisée pour tenter de faire adopter de force une loi controversée et autoritaire sur la surveillance d’Internet, baptisée « Chat Control », qui a déjà été rejetée par les eurodéputés. Metsola a même coupé le micro d’un eurodéputé allemand qui tentait de s’opposer à cette mesure. Les détracteurs de Chat Control affirment que le texte proposé, bien qu’en apparence destiné à lutter contre la diffusion en ligne de contenus pédopornographiques, conduirait à scanner aveuglément pratiquement tous les types de communications électroniques partout en Europe.
Aujourd’hui en dystopie, la « commissaire à la sécurité en ligne » australienne,1 Julie Inman, affirme vouloir obtenir le pouvoir d’empêcher que des utilisateurs privilégiés ne reçoivent un grand nombre de commentaires furieux sur les réseaux sociaux, en demandant officiellement un « pouvoir de notification » qui lui permettrait d’exiger des plateformes qu’elles suspendent les comptes contribuant à « une avalanche de haine en ligne » à l’encontre d’un Australien jugé digne de protection. Les responsables du gouvernement australien et d’autres personnalités publiques de premier plan se font fréquemment « ratio »2 par des commentaires hostiles d’Australiens en désaccord avec eux ; la proposition d’Inman mettrait opportunément fin à ce type de contrôle citoyen sur la place publique.
Aujourd’hui en dystopie, des militants ont créé un site web open source intitulé « Israel Exposed — War Crimes Archive » afin d’y héberger des séquences vidéo des atrocités israéliennes à Gaza, car ils savent qu’un effort constant sera déployé pour effacer définitivement ces images de tous les recoins d’Internet.
Aujourd’hui en dystopie, des ministres israéliens de haut rang ont ouvertement et explicitement admis l’élimination préméditée de villages chiites entiers au Liban, mais l’ensemble de l’establishment politique et médiatique occidental refuse de qualifier cela de nettoyage ethnique. C’est que les politiciens occidentaux sont des gestionnaires d’empire, et que les chaînes d’information occidentales sont des organes de propagande.
Aujourd’hui en dystopie, les gouvernements deviennent de plus en plus opaques tout en forçant le public à devenir de plus en plus transparent, pendant que nos dirigeants construisent autour de nous un panoptique de systèmes de surveillance et développent des armées de robots pour nous assassiner si jamais nous tentons de nous retourner contre eux. Ils agissent ainsi tout en érodant rapidement notre liberté d’expression et en réduisant tout aussi vite notre capacité à trouver des informations non autorisées en ligne, et tout en poursuivant leurs atrocités meurtrières partout dans le monde pour assurer la pérennité de leur domination planétaire.
Plus nous attendrons pour faire la révolution, plus ils disposeront d’armes pour nous en empêcher.
Sources :
Source de l’illustration d’en-tête : En dehors de la boîte
Spécification par EDB
Image générée par Copilot (Microsoft)
eSafety Commissioner, Julie Inman Grant (NdT) ↩
Sur les réseaux sociaux, un message recueille normalement plus de mentions « j’aime » et de partages que de réponses : approuver ne coûte qu’un clic, répondre demande un effort. Quand les réponses l’emportent, le message est « ratio » (et son auteur avec lui) : il a provoqué assez de réactions pour qu’on prenne la peine d’écrire, ce que la convention en ligne interprète comme un désaveu — même si, en pratique, une réponse peut tout aussi bien approuver. L’expression naît sur Twitter en mars 2017. (NdT) ↩
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