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Traduit de l’anglais par EDB () • Langue originale : anglais |
Benyamin Netanyahou et ses partenaires au sein du gouvernement israélien — Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, entre autres — ne viennent pas de la planète Mars. Ils sont le produit d’une seule et même idéologie sioniste, bien de ce monde. En rejetant la faute sur Netanyahou et ses acolytes, les médias occidentaux sous contrôle sioniste et les libéraux aux États-Unis et en Europe veulent vous faire croire qu’il existe un fossé moral entre la politique de la coalition au pouvoir en Israël et l’État qu’elle dirige.
L’Union européenne est un cas d’école de dissonance cognitive. Elle menace Netanyahou d’arrestation. Elle interdit à Ben Gvir et à Smotrich de fouler le sol européen. Pourtant, elle continue d’entretenir des relations commerciales préférentielles avec l’État israélien lui-même. Elle sanctionne certains dirigeants, mais protège et soutient l’appareil d’État et le système politique dont ils tirent leur pouvoir.
L’UE ne peut pas jouer sur les deux tableaux : prendre ses distances morales avec certains dirigeants tout en continuant de financer, de normaliser et de légitimer la structure étatique même qui leur donne ce pouvoir.
Adolf Hitler n’aurait pas pu commettre ses crimes sans un système politique allemand qui les a rendus possibles et l’a enhardi. Ce ne sont pas seulement Hitler ou le parti nazi qui ont été tenus pour responsables des crimes nazis : c’est l’Allemagne. L’apartheid sud-africain n’aurait pas pu durer aussi longtemps sans la complicité généralisée d’une société blanche privilégiée.
De même, la montée en puissance de la coalition de Netanyahou est l’héritage de l’establishment sioniste privilégié d’Israël et de la société juive israélienne dans son ensemble. Sondage après sondage, on constate que si de nombreux Juifs israéliens ne soutiennent pas Netanyahou à titre personnel, les deux tiers n’en approuvent pas moins sa politique visant à affamer Gaza.
Les Israéliens veulent changer d’acteur, mais pas de pièce. Ainsi, seuls 20 % des Juifs israéliens sont favorables au droit des Palestiniens à disposer de leur propre État, tandis que 42 % approuvent l’expansion des colonies illégales réservées aux Juifs en Cisjordanie occupée.
Il ne s’agit pas d’un groupe marginal lorsque les Juifs israéliens qui rejettent le droit des Palestiniens à l’autodétermination sont deux fois plus nombreux que ceux qui soutiennent la solution à deux États. De tels chiffres traduisent le véritable consensus et révèlent l’orientation réelle de la « démocratie juive » israélienne.
Cette distinction a son importance. Si un gouvernement mène une politique à laquelle s’oppose la majorité de ses citoyens, on le qualifie d’autoritaire. Mais lorsqu’il se plie à la volonté de la majorité, on parle de démocratie. Or un régime démocratique national suppose une responsabilité claire à l’égard du peuple, et non une simple loyauté envers le dirigeant.
Netanyahou n’entraîne pas Israël dans des crimes contre l’humanité en bafouant la volonté « démocratique ». Bien au contraire, selon la sinistre logique de la politique électorale israélienne, il donne à la plupart de ses électeurs « juifs » ce qu’ils réclament.
Une parfaite illustration en est donnée par la spécialiste des sondages Dahlia Scheindlin, basée à Tel-Aviv, qui a constaté que les événements du 7 octobre n’avaient fait que durcir les opinions préexistantes des « Israéliens juifs » sans les transformer. « Je pense ce que je pensais avant le 7 octobre », lui ont confié des Israéliens, « mais en plus fort ». La guerre n’a pas créé un nouveau public israélien. Elle a mis au jour celui qui existait déjà.
L’écrasante majorité des « Israéliens juifs » cautionnent le génocide de Gaza, la famine orchestrée et le fait de cibler des hôpitaux, des écoles et des infrastructures. Le même phénomène est désormais à l’œuvre au Liban, comme en attestent les témoignages des soldats qui ont exécuté ces ordres.
Une récente enquête de Haaretz a recueilli les récits de cinq soldats israéliens, issus d’unités et de milieux différents, qui ont servi dans le sud du Liban. Leurs témoignages dépeignent l’effondrement moral institutionnel d’une culture militaire qui a sombré dans le non-droit non pas au mépris des ordres, mais avec l’approbation tacite du commandement. Un soldat israélien a décrit des opérations de pillage organisées au cours desquelles, chaque soir, un convoi logistique transférait des biens volés — tapis, motos, fauteuils, cuisinières, stocks entiers de magasins — vers un avant-poste où ils étaient entreposés, dans l’attente des soldats et des commandants sur le point de rentrer chez eux.
« On a l’impression que l’armée israélienne est devenue une sorte d’armée de Vikings », a déclaré le soldat. « Ils laissent les soldats piller pour qu’ils soient contents et continuent à se battre. »
Il ne s’agit pas du comportement aberrant de quelques éléments incontrôlés. C’est la conduite d’une culture militaire institutionnelle où les biens, la dignité et la vie des civils libanais ou palestiniens ne méritent ni respect ni protection. Un autre soldat a décrit des villages vidés de leurs habitants par une démolition systématique — des quartiers entiers rasés par des entrepreneurs civils payés au nombre de maisons détruites, avec des « évaluations de performance » quotidiennes qui recensent le nombre de structures démolies par chaque entreprise. « Avant, il fallait “incriminer” une structure pour la détruire, y trouver des armes. Mais aujourd’hui, ils détruisent purement et simplement, même des écoles, des cliniques. »
Le soutien aux guerres de Gaza, du Liban et d’Iran demeure majoritaire chez les « Israéliens juifs », malgré les rapports internationaux faisant état de crimes de guerre. Des guerres et des crimes qui jouissent d’une légitimité démocratique au sein de la société juive israélienne. C’est là la vérité dérangeante que les libéraux israéliens comme les observateurs internationaux se refusent à regarder en face. Des actes commis par une armée issue de cette même société et qui y retourne — une société dont les sondages montrent qu’elle soutient largement les crimes de son gouvernement.
S’en prendre à Netanyahou est devenu un moyen de détourner l’attention des crimes de guerre systématiques commis par l’État, et de les occulter. Il est indéniable que Netanyahou est dangereux, corrompu et véritablement déterminé à entretenir des guerres sans fin qui servent sa survie politique. Il n’en reste pas moins que les sondages sont concordants et accablants : la plupart des Israéliens qui réclament son départ ne souhaitent pas pour autant la fin de ses crimes. Ils veulent simplement mener le même projet avec plus de compétence — ou plus de discrétion. En témoigne l’absence criante de toute voix discordante en Israël.
L’opposition politique organisée, dans la « démocratie juive » d’Israël, n’oppose aucune autre vision à la stratégie actuelle. Elle ne diffère que par les moyens, non par les fins. Ce n’est pas un système politique qui lutte contre l’extrémisme de son dirigeant, c’est celui qui l’a produit. Cette opposition est issue de la même culture politique façonnée par les récits de victimisation, et conditionnée par la peur et la haine envers les non-Juifs. C’est le système politique « démocratique » qui, par-delà les partis et au fil des décennies, a toujours choisi la même voie destructrice.
Il est peut-être commode, pour les médias occidentaux sous contrôle sioniste, de colporter des récits édulcorés, et, pour les libéraux, de réduire la réalité israélienne aux agissements d’une poignée de politiciens de droite « dérangés ». Il est temps de cesser de s’en prendre à Netanyahou et à sa coalition raciste tout en ignorant une vérité autrement plus profonde et dérangeante : le problème, c’est le projet sioniste lui-même.
Sources :
Source de l’illustration d’en-tête : En dehors de la boîte
Kahana ḥaï! (כהנא חי!) / Kahane lives! / Kahane vit !
Spécification par EDB
Image générée par ChatGPT Images (OpenAI)
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