Un article absurde du Guardian déclare que la Chine est une puissance impérialiste… et que c’est la seule au monde !

Un article absurde du Guardian
déclare que la Chine
est une puissance impérialiste…
et que c’est la seule au monde !

Par Caitlin Johnstone

Impérialisme Géopolitique Propagande Médias
Chine États-Unis Occident
Article

Traduit de l’anglais par EDB () • Langue originale : anglais


Un autre article de propagande anti-Chine ridiculement caricatural a été publié dans les médias occidentaux, cette fois par le Guardian qui pourrait être considéré comme le promoteur le plus nuisible de la propagande de l’empire dans le monde occidental. L’article est signé par Simon Tisdall qui pourrait, très certainement, être considéré comme le promoteur le plus nuisible de la propagande de l’empire au sein du Guardian.

L’article est intitulé « Dans le nouvel âge de l’impérialisme chinois, Xi Jinping rejette la démocratie » et est sous-titré « Pékin vise l’ascension mondiale, mais la vision de la domination mondiale de son leader est centralisée, oppressive et totalitaire ». Aucune de ces affirmations n’est étayée dans le texte qui les accompagne.

C’est assez mignon de voir que la seule fois où vous verrez le mot « impérialisme » utilisé dans le Guardian (sans guillemets), c’est lorsqu’il s’agit de critiquer une nation que le véritable dominateur impérialiste du monde, les États-Unis, n’aime pas. Vous ne verrez jamais ce mot utilisé pour désigner le comportement du groupe de nations alignées sur les États-Unis qui fonctionne comme un seul empire en matière de politique étrangère ; vous ne verrez jamais ce mot utilisé pour désigner le comportement du gouvernement qui a encerclé la planète avec des centaines de bases militaires et s’emploie à tuer, affamer et subvertir toute population qui refuse d’être commandée, contrôlée, exploitée ou pillée.

En fait, Tisdall va jusqu’à promouvoir l’idée hilarante que l’époque où toute puissance occidentale avait des penchants impérialistes est révolue depuis longtemps.

« L’impérialisme, sous toutes ses formes terribles, constitue toujours une menace », écrit Tisdall. « Mais il ne s’agit plus de l’impérialisme de l’Ouest, exécré à juste titre et autocondamné. La menace d’aujourd’hui émane de l’Est. Tout aussi répréhensible, et potentiellement plus dangereuse, c’est la perspective d’un empire mondial totalitaire chinois du XXIe siècle. »

Bien, cool. Le monde occidental, à un moment donné de l’histoire, a apparemment renoncé à l’impérialisme, et maintenant l’Est est la seule direction d’où émane cette menace. Je ne sais pas exactement quand cela s’est produit, mais Tisdall semble tout à fait certain que l’impérialisme a été complètement balayé partout à l’ouest du Xinjiang, y compris au sein du gouvernement des États-Unis.

« [L]es empires naissants établissent un récit (souvent délirant) ou une “déclaration de mission” pour justifier leurs activités », écrit Tisdall. « Les impérialistes britanniques prétendaient être une force civilisatrice, apportant la loi et le christianisme au petit peuple. L’empire américain d’après-guerre était, prétendument, un champion de la démocratie. »

« Était ». L’empire américain d’après-guerre, à l’époque où il existait, « était » censé défendre la démocratie. Vous savez, à l’époque où il exerçait sa force sur les nations au motif qu’elles n’étaient pas suffisamment démocratiques. Encore une fois, Tisdall ne dit pas à quelle date précise cela a pris fin, ni ne cite le moment de l’histoire où l’empire US tout entier a disparu.

Il s’agit des mêmes États-Unis qui, actuellement, construisent des systèmes de missiles à longue portée sur une chaîne d’îles près des côtes chinoises dans le but explicite de menacer la Chine. Il suffit d’imaginer ce qui se passerait si la Chine commençait à construire des systèmes de missiles à longue portée au large des côtes des États-Unis pour comprendre qui est le véritable agresseur impérialiste entre ces deux nations.

Toutes sortes d’arguments peuvent être avancés pour déterminer si le gouvernement chinois est impérialiste ou non et, le cas échéant, dans quelle mesure. Ce qui n’existe absolument pas, ce sont les arguments selon lesquels la Chine est plus impérialiste que les États-Unis et leur groupe restreint d’alliés, ou que tout autre pays qui s’en approche. Le gouvernement qui utilise continuellement sa puissance militaire et économique pour intimider et manipuler le monde afin qu’il s’aligne sur ses intérêts géostratégiques est incontestablement la force la plus impérialiste, avec une énorme, énorme marge.

Pour étayer sa position de fou furieux baratineur, selon laquelle la Chine a complètement supplanté toutes les puissances occidentales en tant que force impérialiste dans notre monde et tente de devenir un empire dominant la planète, Tisdall cite trois points : (1) la Chine fait du commerce, (2) la Chine possède une unique base militaire à Djibouti, et (3) le cartel des renseignements US a affirmé que la Chine prévoit de construire une deuxième base militaire en Guinée équatoriale, et peut-être d’autres encore.

« La première phase de la nouvelle ère impériale de la Chine est déjà en marche. L’ambitieuse initiative d’investissement et d’infrastructure ceinture et route (BRI1) de Xi touche 60 pays », écrit Tisdall. « La Chine est la première nation commerciale et le premier exportateur au monde, avec 2,6 milliards de dollars d’exportations en 2019. »

Donc, le commerce. C’est le commerce. L’idée qu’un plan d’investissement et d’infrastructure atteigne le niveau des guerres étatsuniennes, qui ont tué des millions et déplacé des dizaines de millions d’individus juste depuis le début de ce siècle, est risible.

« Entre-temps, le PCC se concentre sur la deuxième phase de l’empire : les bases militaires », explique Tisdall. « Les médias étatsuniens ont rapporté la semaine dernière que la ville portuaire de Bata en Guinée équatoriale pourrait devenir la première base navale de la Chine sur le littoral atlantique, mettant potentiellement des navires de guerre et des sous-marins à distance de frappe de la côte est de l’Amérique. »

Daniel Larison, d’Antiwar, a publié un excellent article qui se moque des cervelles en mousse et déboulonne les cris hystériques sur la façon dont l’affirmation totalement infondée des services de renseignement US, selon laquelle Pékin tente d’établir une base militaire en Guinée équatoriale « à quelque six mille miles nautiques du continent US », représente une quelconque menace pour les États-Unis.

« Les États-Unis sont confrontés à très peu de menaces sérieuses de la part d’autres États, et ils sont extraordinairement bien protégés contre les attaques physiques », écrit Larison. « Pour que les autres États semblent menacer un tant soit peu la sécurité des États-Unis, le gouvernement et les médias coopératifs doivent exagérer la puissance de ces autres États et gonfler leur capacité à menacer les Américains. En raison de l’énorme décalage entre les exigences de la propagande et la réalité moins alarmante, cela donne souvent des résultats absurdes. »

Des résultats absurdes en effet.

« La Chine possède déjà une base navale à Djibouti, dans la Corne de l’Afrique », écrit Tisdall. « On dit qu’elle envisage une base aérienne insulaire à Kiribati qui pourrait en théorie menacer Hawaï. Pendant ce temps, elle continue à militariser les atolls de la mer de Chine méridionale. Le mois dernier, un rapport du Pentagone prévoyait que la Chine allait construire une série de bases militaires dans le monde entier, y compris dans l’Arctique. Les pays “cibles” du PCC comprennent le Pakistan, le Sri Lanka, le Myanmar, les Émirats arabes unis, le Kenya et l’Angola, dit-on. »

Donc, une seule base militaire étrangère dans le monde entier, plus un tas d’imagination et de conjectures de la part des militaires et des agents de renseignements. Ceci comparé aux 750 bases militaires que les États-Unis possèdent réellement et physiquement dans le monde. C’est un sacré « empire » que vous avez là, Xi.

Non seulement il est ridicule de prétendre que les États-Unis ne sont plus impérialistes, mais il n’y a même pas de preuve que la Chine cherche à les remplacer en tant qu’hégémon mondial unipolaire. Depuis des années, les spécialistes occidentaux de la communication ont produit des documents de réflexion affirmant que la Chine tente de dominer le monde, mais si vous examinez réellement les fondements de ces affirmations, vous ne trouverez que des preuves que la Chine souhaite un monde multipolaire composé de plusieurs puissances, par opposition à un monde unipolaire dominé par les États-Unis ou toute autre nation.

Comme nous l’avons dit précédemment, ce n’est pas comme si l’empire des États-Unis, en perte de vitesse, avait rendu sexy l’idée de domination planétaire. L’idée que chaque nation souhaite dominer le monde comme le font les États-Unis n’est qu’une projection stupide de la part d’esprits occidentaux nourris de propagande qui ont été programmés pour croire que le jeu de la conquête unipolaire est normal et souhaitable.

Tisdall insère également l’accusation obligatoire de « génocide » que tout propagandiste occidental est tenu de claironner dès qu’il est question du gouvernement chinois, accusation qui a été complètement discréditée par de nombreuses personnes et que même les médias occidentaux ont été contraints de retirer en raison de l’essor du tourisme au Xinjiang.

Tisdall cite également une déclaration de Xi Jinping affirmant que la Chine se défendra contre ceux qui tentent de l’intimider, de l’opprimer ou de la soumettre, comme preuve que le dirigeant a des « idées belliqueuses » et croit que « la force impériale fait le droit » :

« Nous n’avons jamais intimidé, opprimé ni assujetti le peuple d’un autre pays, et nous ne le ferons jamais. De même, nous ne permettrons jamais à quiconque d’intimider, d’opprimer ou d’assujettir [la Chine] », a-t-il déclaré. « Quiconque essaiera se retrouvera lui-même sur une trajectoire de collision avec un mur d’acier forgé par 1,4 milliard de personnes. »

Il est très révélateur de voir combien de propagandistes de l’empire continuent d’interpréter un avertissement selon lequel la Chine se défendra contre les agresseurs comme un acte menaçant et agressif. Presque comme s’ils croyaient que c’était leur droit d’intimider, d’opprimer et d’asservir toutes les nations sans opposition ni résistance.

Être d’accord avec Simon Tisdall sur toute question de politique étrangère est une façon pour la nature de vous dire de revoir vos habitudes de consommation des médias.

Les médias de masse ont fait preuve d’une force étonnante dans leurs efforts pour manipuler le monde et le rendre si terrifié par la Chine qu’il consentira à n’importe quel programme, aussi insensé et dangereux soit-il. Plus leurs manipulations sont puissantes, plus il est important de contrer leurs mensonges.

Nous sommes poussés dans une très mauvaise direction à un rythme de plus en plus frénétique. Cela est fait pour une raison. Soyez vigilants.


  1. Belt and Road Initiative (NdT) 

 

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