La leçon du Covid : lorsque les gens sont angoissés, isolés et désespérés, ils sont moins enclins à faire preuve d’esprit critique

La leçon du Covid :
lorsque les gens sont angoissés,
isolés et désespérés,
ils sont moins enclins
à faire preuve d’esprit critique

Par Jonathan Cook

Une publication MintPress News

COVID-19 Pandémie Politique Corruption Industriels Propagande Médias Philosophie
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Article

Traduit de l’anglais par EDB () • Langue originale : anglais


Les médias d’entreprise ne sont pas nos amis. Leur couverture de la pandémie n’a pas pour but de promouvoir le bien public. Elle est là pour nourrir nos angoisses, pour nous inciter à en redemander et pour monétiser cette détresse. Le seul remède à cette maladie ? Beaucoup plus d’esprit critique.

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Lorsque je critique l’ingérence de la Grande-Bretagne et des États-Unis en Syrie, ou le soutien qu’ils apportent à des groupes qui, ailleurs, sont considérés comme des terroristes, cela ne signifie pas que je suis, par conséquent, un supporter de la dictature de Bachar Assad ou que je pense que les Syriens devraient être privés d’un meilleur système politique. De même, lorsque je critique Joe Biden ou le parti démocrate, cela ne signifie pas nécessairement que je pense que Donald Trump aurait fait un meilleur président.

L’un des principaux objectifs de la pensée critique est de se tenir à l’écart des discussions tribales, où les gens sont fortement investis dans des positions particulières, et d’examiner la manière dont les débats ont été formulés et cadrés. C’est important, car l’un des principaux moyens par lesquels le pouvoir s’exprime dans nos sociétés est la construction de récits officiels — généralement par le biais des médias appartenant à des milliardaires — ainsi que le contrôle et la mise en forme du débat public.

Vous êtes manipulé — propagandisé — avant même de vous engager dans un sujet si vous ne regardez que la substance d’une discussion et pas d’autres aspects : tels que son timing, pourquoi le débat a lieu ou pourquoi il a été autorisé, ce qui n’est pas mentionné ou a été embrouillé, ce qui est souligné, et ce qui est traité comme dangereux ou odieux.

Si vous voulez être traité comme un adulte, un participant actif et informé de votre société plutôt que comme une feuille blanche sur laquelle des intérêts puissants écrivent leurs propres récits intéressés, vous devez faire preuve d’autant d’esprit critique que possible — et surtout sur les sujets les plus importants du moment.

La courbe d’apprentissage

La possibilité d’être mieux informé et plus perspicace sur la manière dont les débats sont formulés, plutôt que sur ce qu’ils portent ostensiblement, n’a jamais été aussi grande. Au cours de la dernière décennie, les médias sociaux, même si la fenêtre qu’ils offraient se rétrécit rapidement, ont permis à un grand nombre d’entre nous de découvrir pour la première fois des auteurs qui, par leur connaissance approfondie d’un sujet spécifique et leur plus grande résistance à la propagande qui en découle, peuvent nous aider à réfléchir de manière plus critique à toutes sortes de questions — Russie, Venezuela, Iran, Israël-Palestine, la liste est sans fin.

La courbe d’apprentissage a été abrupte pour la plupart d’entre nous. Elle s’est avérée particulièrement utile pour nous aider à remettre en question les récits qui vilipendent les « ennemis officiels » de l’Occident ou qui dissimulent le pouvoir des entreprises — qui a effectivement usurpé ce qui était autrefois le pouvoir politique plus visible et, par conséquent, plus responsable des États occidentaux. Dans ce nouveau climat plus critique, le rôle des industries de guerre — que nous a légué le colonialisme occidental — est devenu particulièrement perceptible.

Mais ce qui a été le plus décourageant au cours des deux dernières années de Covid, c’est le rapide retournement des acquis de la pensée critique. Cela ne devrait peut-être pas nous surprendre. Lorsque les gens sont inquiets pour eux-mêmes ou pour leurs proches, lorsqu’ils se sentent isolés et sans espoir, lorsque la « normalité » s’est effondrée, ils sont probablement moins enclins à faire preuve d’esprit critique.

Le choc que nous avons tous ressenti pendant le Covid reflète l’assaut émotionnel et psychologique que la pensée critique peut engendrer. Penser de manière critique augmente l’anxiété en nous exposant de manière inconfortable au caractère souvent artificiel de la réalité officielle. Cela peut nous donner le sentiment d’être isolés et de perdre espoir, surtout lorsque nos amis et notre famille s’attendent à ce que nous soyons aussi profondément investis qu’eux dans la substance — le jeu d’ombres — des débats officiels et tribaux. Et cela ébranle notre sens de ce qui est « normal » en révélant qu’il s’agit souvent de ce qui est utile aux élites au pouvoir plutôt que de ce qui est bénéfique au bien public.

La résilience émotionnelle

Il y a des raisons pour lesquelles les gens sont attirés par la pensée critique. Souvent parce qu’ils ont été exposés en détail à une question particulière qui leur a ouvert les yeux sur des manipulations narratives plus larges sur d’autres questions. Parce qu’ils ont les outils et les incitations — l’éducation et l’accès à l’information — pour explorer certaines questions de manière plus approfondie. Et, ce qui est peut-être le plus important, parce qu’ils ont la résilience émotionnelle et psychologique pour supporter le décapage du vernis qui recouvre les récits officiels, permettant ainsi de voir la sombre réalité sous-jacente et de saisir les obstacles redoutables qui nous empêchent de nous libérer des élites corrompues qui nous gouvernent et nous poussent vers l’éradication écocidaire.

L’anxiété produite par la pensée critique, le sentiment d’isolement et l’effondrement de la « normalité » est en un sens choisie. Elle est auto-infligée. Nous choisissons de faire de la pensée critique parce que nous nous sentons capables de faire face à ce qu’elle met en lumière. Mais avec le Covid, c’est différent. Notre exposition au Covid, contrairement à la pensée critique, est totalement indépendante de notre volonté. Et pire encore, elle a intensifié nos insécurités émotionnelles et psychologiques. Faire de la pensée critique en période de Covid — et plus particulièrement à propos du Covid — c’est ajouter une couche supplémentaire d’anxiété, d’isolement et de désespoir.

Le Covid a mis en évidence les difficultés liées à l’insécurité et à la vulnérabilité, soulignant ainsi pourquoi la pensée critique, même en période de prospérité, est si difficile. Lorsque nous sommes anxieux et isolés, nous voulons des solutions rapides et rassurantes, et nous voulons quelqu’un à blâmer. Nous voulons des figures d’autorité à qui faire confiance et qui agissent en notre nom.

La pensée complexe

Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi la solution miracle des vaccins — à l’exclusion de toute autre chose — a été saisie avec tant de ferveur pendant la pandémie. La confiance exclusive dans les vaccins a été un excellent moyen pour nos gouvernements corrompus et incompétents de montrer qu’ils savent ce qu’ils font. Les vaccins ont été un moyen idéal pour les entreprises médico-industrielles corrompues — dont la plus grande coupable, Pfizer — de blanchir leurs images et de faire en sorte que nous nous sentions tous redevables envers elles après tant de scandales antérieurs comme l’Oxycontin. Et, bien sûr, les vaccins ont été un doudou pour nous, le public, promettant d’apporter ZeroCovid (faux), de fournir une immunité à long terme (faux), et de mettre fin à la transmission (faux).

En prime, les vaccins ont permis à nos dirigeants corrompus de se décharger de la responsabilité de l’échec de leurs autres politiques de santé publique et à nos entreprises de « santé » corrompues de détourner l’attention de leurs activités lucratives en encourageant la majorité des personnes vaccinées à prendre comme bouc émissaire une minorité non vaccinée. Diviser pour régner par excellence.

Dire tout cela ne signifie pas être contre les vaccins ou croire que le virus devrait se répandre dans la population, tuant les plus vulnérables, pas plus que critiquer le crime de guerre des États-Unis consistant à bombarder la Syrie ne signifie un soutien enthousiaste à Assad. Il s’agit seulement de reconnaître que les réalités politiques sont complexes, et que notre réflexion doit l’être aussi.

Jonathan Cook : « Pour être clair, je n’ai pas “changé d’avis”. J’ai toujours gardé l’esprit ouvert. Je méprise le fait que les médias réduisent au silence les scientifiques dissidents, la célébration générale de la rentabilité des vaccins, la réduction non scientifique de l’immunité naturelle et l’utilisation des mandats pour désigner des boucs émissaires. »

L’« immunité collective »

Ces ruminations m’ont été inspirées par un message que j’ai publié l’autre jour sur les médias sociaux, faisant référence à la décision du Guardian — près de deux ans après le début de la pandémie — de publier les critiques d’un « éminent » épidémiologiste, le professeur Mark Woolhouse, à propos des premières politiques de confinement du gouvernement britannique. Jusqu’à présent, toute remise en question de ces mesures a été l’un des grands innommables de la pandémie en dehors des cercles de droite.

Notons un autre exemple frappant : l’utilisation du terme « immunité collective », qui était jusqu’à très récemment exactement ce que les responsables de la santé publique visaient comme moyen de mettre fin à la contagion. Cela signifiait le moment où suffisamment de personnes avaient acquis une immunité, soit en étant infectées, soit en étant vaccinées, pour que la transmission communautaire cesse. Mais comme l’objectif pendant le Covid n’est pas l’immunité communautaire, mais la vaccination universelle, le terme « immunité collective » est désormais attribué à un sinistre programme politique. Il est présenté comme une sorte de complot de la droite visant à laisser mourir les personnes vulnérables.

Jonathan Cook : « J’ai eu des démêlés avec Off-Guardian ces derniers temps, mais ils ont raison de souligner que l’OMS a modifié la définition établie de l’“immunité collective”. Ce genre de chose ne fait rien d’autre que de miner la confiance dans la science et les scientifiques. »

Ce n’est pas accidentel. Il s’agit d’un récit entièrement fabriqué, bien que largement accepté. La guérison d’une infection — ce qui est désormais vrai pour de nombreuses personnes — n’est plus considérée par les autorités politiques ou médicales comme conférant une immunité. Par exemple, au Royaume-Uni, les personnes qui se sont remises du Covid, même récemment, ne sont pas exemptées, comme les vaccinés, de l’auto-isolement si elles ont été en contact étroit avec une personne infectée par le Covid. De même, bien entendu, les personnes guéries du Covid n’ont pas droit à un passeport vaccinal. Après tout, il ne s’agit pas d’un passeport d’immunité. C’est un passeport vaccinal.

Emmanuel Macron, le président français, a au moins été transparent quant au « raisonnement » qui sous-tend ce type de discrimination. « En démocratie », dit-il, apparemment sans ironie, « le pire ennemi, c’est le mensonge et la bêtise. Nous mettons une pression sur les non-vaccinés en limitant pour eux, autant que possible, l’accès aux activités de la vie sociale. […] Eh bien, là, les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Et donc, on va continuer de le faire, jusqu’au bout. C’est ça, la stratégie ».

Remarquez que les mensonges et la stupidité émanent ici de Macron : non seulement il alimente de manière irresponsable de dangereuses divisions au sein de la société française, mais il n’a pas compris que les distinctions clés d’un point de vue de la santé publique sont entre ceux qui sont immunisés contre le Covid et ceux qui ne le sont pas, et ceux qui sont vulnérables pour être hospitalisés et ceux qui ne le sont pas. Ce sont les marqueurs les plus significatifs de la façon de traiter la pandémie. L’obsession de la vaccination ne sert qu’à diviser pour mieux régner et à soutenir le fait de faire du profit sur la pandémie.

Écraser l’hésitation

Le paradoxe est que ces récits dominent alors même que les preuves s’accumulent que les vaccins offrent une immunité à très court terme et qu’en fin de compte, comme semble le souligner Omicron, de nombreuses personnes sont susceptibles d’acquérir une immunité à plus long terme par le biais de l’infection Covid, même celles qui ont été vaccinées. Mais le but du « débat » public sur ce sujet n’a pas été la transparence, la logique ou le consentement éclairé. Il s’agit plutôt d’écraser toute « hésitation vaccinale » éventuelle.

Jonathan Cook : « Le Dr John Campbell vaut toujours la peine d’être écouté. Les résultats des dernières recherches sur l’omicron sont positifs :
a) Il est probable que ce soit plus comme un rhume.
b) Il se propagera si rapidement qu’il y a de fortes chances que nous ayons une immunité collective en quelques mois, avec un minimum de souffrance. »

J’ai essayé à plusieurs reprises de mettre en évidence le manque d’esprit critique qui entoure l’accent mis exclusivement sur les vaccins plutôt que sur la santé immunitaire, la décision de vacciner les enfants malgré la forte, bien que largement minimisée, opposition des experts et la question controversée de l’obligation vaccinale. Mais j’ai eu peu de choses à dire directement sur les confinements, qui m’ont surtout paru être des mesures palliatives désespérées destinées à masquer les défaillances de nos services de santé sous-financés, cannibalisés et de plus en plus privatisés (une préoccupation plus urgente). Je suis également enclin à croire que la balance des avantages du confinement, ou de son efficacité, est difficile à évaluer sans un certain niveau d’expertise. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai soutenu, tout au long de la pandémie, que les experts doivent être autorisés à participer à un débat public plus ouvert, plus consistant et plus honnête.

C’est également la raison pour laquelle j’ai fait un bref commentaire sur les critiques du professeur Woolhouse, publiées dans le Guardian cette semaine, concernant les politiques nationales de confinement. Cela a suscité une réaction hostile prévisible de la part de nombreux partisans. Ils y ont vu une preuve supplémentaire que « les négationnistes du Covid ont fait de moi une proie facile » et que je suis désormais à peine mieux qu’un théoricien conspirationniste de la pandémie.

Cadrer le débat

C’est étrange en soi. Le professeur Woolhouse est un épidémiologiste du courant dominant, réputé « éminent ». Sa renommée est telle qu’elle lui permet apparemment d’être cité abondamment et sans critique dans le Guardian. Les adeptes que je contrarie chaque fois que j’écris sur la pandémie semblent considérer le Guardian comme leur Bible du Covid, comme le font la plupart des libéraux. Et ils me fustigent régulièrement pour avoir fait référence au type d’experts que le Guardian refuse de citer. Alors comment se fait-il que mon retweet d’un article du Guardian qui rapporte sans critique les commentaires anticonfinement d’un épidémiologiste respectable et mainstream suscite autant de colère — et apparemment dirigée uniquement contre moi ?

La réponse se trouve probablement dans le court commentaire annexé à mon retweet, qui requiert que l’on se désengage du débat apparemment substantiel — les confinements, bons ou mauvais ? Cette conversation est certainement intéressante pour moi, surtout si elle est honnête. Mais les questions contextuelles entourant ce débat, celles qui requièrent un esprit critique, sont encore plus importantes, car elles constituent le meilleur moyen d’évaluer si un débat honnête est réellement encouragé.

Jonathan Cook : « Soit le professeur Mark Woolhouse est arrivé à ce point de vue très tardivement, soit les médias d’entreprise comme le Guardian ont jusqu’à présent bâillonné efficacement les scientifiques éminemment qualifiés qui critiquent la politique de confinement. Dans tous les cas, il semble que nous nous soyons fait avoir. »

Mon commentaire, intentionnellement ambigu, demande implicitement aux lecteurs d’examiner des questions plus larges concernant l’article du Guardian : le moment de sa publication ; la raison pour laquelle un débat sur le confinement n’a pas été encouragé avant dans le Guardian, mais est apparemment maintenant possible ; comment la discussion est présentée par Woolhouse et le Guardian ; et comment nous, les lecteurs, pouvons être manipulés par ce cadrage.

Une conspiration réelle, en direct

Il est intéressant de noter que je n’étais pas le seul à être frappé par l’étrangeté du cadrage privilégié. Un autre épidémiologiste, Martin Kulldorff, biostatisticien à Harvard et membre d’un comité scientifique des Centres de contrôle et de prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention / CDC) aux États-Unis, a lui aussi relevé des problèmes dans l’article. Malheureusement, le professeur Kulldorff ne semble pas être suffisamment « éminent » pour que le Guardian puisse le citer sans critique. C’est parce qu’il était l’un des trois universitaires très respectés qui se sont couverts d’ignominie en octobre 2020, en rédigeant la Déclaration de Great Barrington (Great Barrington Declaration).

Comme Woolhouse, la Déclaration proposait une alternative aux confinements nationaux généralisés — la réponse officielle à l’augmentation des hospitalisations —, mais elle le faisait alors que ces confinements étaient pratiqués de manière agressive et qu’aucune autre option n’était envisagée. Le Guardian a été parmi ceux qui ont cloué au pilori la Déclaration et ses auteurs, la présentant comme une politique de droite irresponsable et une recette pour que le Covid se répande dans la population, en en dévastant des pans entiers.

Mon but ici n’est pas de défendre la Déclaration de Great Barrington. Je ne me sens pas assez qualifié pour exprimer une opinion concrète et publique, dans un sens ou dans l’autre, sur ses mérites. Et cette hésitation s’explique en partie par le fait qu’à l’époque, toute conversation significative entre experts a été impitoyablement réprimée. Les coûts des confinements étaient largement passés sous silence dans les cercles officiels et les médias « libéraux ». La Déclaration a été instantanément stigmatisée comme la préférence politique de la « déplorable » droite.

Ce n’était pas accidentel. Nous savons maintenant qu’il s’agissait d’une véritable conspiration. Une fuite de courriels montre qu’Anthony Fauci, le conseiller médical en chef du président, et ses larbins ont utilisé leurs contacts de confiance dans les grands médias libéraux pour dénigrer les auteurs de la Déclaration de Great Barrington. « Il faut publier un démenti rapide et dévastateur de ses prémisses. Je ne vois rien de tel en ligne pour l’instant — est-ce en cours ? », a écrit un haut fonctionnaire à Fauci. Il s’agissait d’une campagne de diffamation pure et simple, qui n’avait rien à voir avec la science. Et les médias « libéraux » se sont joyeusement et rapidement attelés à cette tâche.

Le Guardian, bien sûr, a suivi de près ces calomnies. C’est pourquoi le professeur Kulldorff a tout à fait le droit de traiter avec dédain la décision du journal de publier maintenant les critiques du professeur Woolhouse — si tardivement — sur la politique de confinement, ainsi que la prise de distance publique du professeur Woolhouse par rapport à la Déclaration de Great Barrington, désormais radioactive, même si ses commentaires publiés font étroitement écho aux politiques proposées dans ladite Déclaration. Comme l’observe le professeur Kulldorff :

« Une acrobatie logique hilarante. Dans le Guardian, Mark Woolhouse soutient que [le] Royaume-Uni aurait dû utiliser une protection ciblée telle que définie dans la Déclaration de Great Barrington, tout en critiquant la Déclaration de Great Barrington en raison de sa mauvaise interprétation par le Guardian. »

Martin Kulldorff : « Une acrobatie logique hilarante. Dans @guardian, Mark Woolhouse soutient que UK aurait dû utiliser une protection ciblée telle que définie dans la Déclaration de Great Barrington, tout en critiquant la Déclaration de Great Barrington en raison de sa mauvaise interprétation par @guardian. »

L’atteinte à la réputation 

Si nous mettons nos chapeaux de réflexion critique pendant un moment, nous pouvons déduire une raison plausible pour cette mauvaise caractérisation.

Comme le reste des médias « libéraux », le Guardian est un fervent partisan du confinement et un adversaire déclaré de toute discussion sérieuse sur la Déclaration de Great Barrington depuis sa publication il y a plus d’un an. De plus, il a qualifié toute critique des confinements de position d’extrême droite. Mais le journal souhaite maintenant ouvrir un espace pour une discussion plus critique sur les mérites du confinement à une époque où Omicron, contagieux mais plus modéré, menace de paralyser non seulement l’économie, mais aussi les chaînes de distribution et les services de santé.

Les demandes de confinement reviennent — fondées sur les arguments antérieurs en leur faveur — mais les coûts autrefois occultés sont désormais beaucoup plus difficiles à ignorer. Même les partisans du confinement comme le Guardian comprennent enfin une partie de ce qui était clair il y a 15 mois pour des experts comme le professeur Kulldorff et ses collègues auteurs.

Ce que le Guardian semble faire, c’est ramener en douce les arguments de la Déclaration de Great Barrington dans le courant dominant, mais en essayant de le faire de manière à ne pas nuire à sa crédibilité et à ne pas avoir l’air de faire volte-face. Il s’agit d’une véritable tromperie. Et le moyen d’y parvenir est un autre critique des confinements, le professeur Woolhouse, qui n’est pas persona non grata comme le professeur Kulldorff, même si leurs points de vue semblent se recouper considérablement. La critique des confinements est réhabilitée par le biais du professeur Woolhouse, alors même que le professeur Kulldorff reste un paria, un proscrit.

En d’autres termes, il ne s’agit pas d’une quelconque évolution de la pensée scientifique. Il s’agit pour le Guardian d’éviter de nuire à sa réputation — et de le faire au prix de continuer à nuire à la réputation du professeur Kulldorff. Le professeur Kulldorff et ses collègues auteurs ont été pris comme boucs émissaires lorsque leur avis d’expert a été considéré comme politiquement gênant, tandis que le professeur Woolhouse est célébré parce qu’un avis d’expert similaire est maintenant pratique.

C’est ainsi que fonctionne une grande partie de notre discours public. Les bons gars contrôlent la narration afin de s’assurer qu’ils continuent à donner une bonne image, tandis que les méchants sont couverts de goudron et de plumes, même s’il est prouvé qu’ils ont raison. La seule façon de vraiment comprendre ce qui se passe est de se désengager de ce genre de tribalisme politique, d’examiner le contexte, d’éviter de s’investir autant dans les résultats, et de travailler dur pour avoir plus de recul sur l’anxiété et la peur que chacun d’entre nous ressent.

Les médias d’entreprise ne sont pas nos amis. Leur couverture de la pandémie n’a pas pour but de promouvoir le bien public. Elle est là pour nourrir nos angoisses, pour nous inciter à en redemander et pour monétiser cette détresse. Le seul remède à cette maladie ? Beaucoup plus d’esprit critique.

Sources :


Source de la photographie d’en-tête : Центр реабилитации Вита (Vita Rehabilitation Center)
https://www.vperemen.com/img/Stop_Coronavirus_COVID-19.jpg
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Stop_Coronavirus_COVID-19.jpg
[ Creative Commons — CC BY-SA 4.0 ]

 

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