VI : postuler ce qui n’a pas été prouvé

L’Art d’avoir toujours raison

Par Arthur Schopenhauer




VI : postuler ce qui n’a pas été prouvé

On fait une petitio principii en postulant ce qui n’a pas été prouvé, soit :

  1. en utilisant un autre nom, par exemple « bonne réputation » au lieu de « honneur », « vertu » au lieu de « virginité », etc. ou en utilisant des mots intervertibles comme « animaux à sang rouge » au lieu de « vertébrés » ;
  2. en faisant une affirmation générale couvrant ce dont il est question dans le débat : par exemple maintenir l’incertitude de la médecine en postulant l’incertitude de toute la connaissance humaine ;
  3. ou vice-versa, si deux choses découlent l’une de l’autre, et que l’une reste à prouver, on peut postuler l’autre ;
  4. si une proposition générale reste à prouver, on peut amener l’adversaire à admettre chaque point particulier. Ceci est l’inverse du deuxième cas.

Aristote, Topiques, VIII, 11.

Le dernier chapitre des Topiques contient de bonnes règles pour s’entraîner à la dialectique.

 V : faux arguments

VII : atteindre le consensus par des questions