Démystifier les opérations psychologiques anti-chinoises : le crédit social, une nécessité déplaisante à l’ère de la guerre asymétrique

Démystifier les opérations psychologiques anti-chinoises :
le crédit social,
une nécessité déplaisante
à l’ère de la guerre asymétrique

Démystifier les op. psy. anti-chinoises • Partie 1

Par Matthew Ehret

Une publication Strategic Culture Foundation

Grand Reset Nouvel ordre mondial Propagande Impérialisme Démocratie Géopolitique
Chine Russie États-Unis Canada Occident
Article

Traduit de l’anglais par EDB () • Langue originale : anglais


Il est effrayant de voir comment des personnalités à l’esprit oligarchique, de nature à favoriser le Grand Reset, souhaitent utiliser les structures du crédit social pour modifier le comportement des groupes dans un ordre mondial post-vérité, dépeuplé/décarbonisé.

*

Depuis que le COVID-19 a rendu un monde fou encore plus fou, de nombreuses personnes honorables se sont laissées absorber dans l’hystérie anti-chinoise d’un Occident libéral géré par le Groupe des cinq.1

Chaque jour, de nouvelles accusations selon lesquelles la Chine gère des réseaux d’espionnage, des honeypots,2 le renversement de Trump et même le Grand Reset3 lui-même dans le cadre d’un plus grand complot visant à saper la démocratie occidentale sont répétées dans le paysage de la presse conservatrice. Les deux plus grandes « preuves » du mauvais fond de la Chine sont :

  1. L’utilisation par la Chine du crédit social qui prive les gens de leur liberté (et la réglementation étatique plus large de l’Internet et des jeux vidéo), suivie par

  2. la réglementation par la Chine des organisations religieuses à l’intérieur de ses frontières, ce qui se traduit en quelque sorte par « un État communiste athée qui rend la religion illégale ».

Franchement, ces craintes sont stériles, infondées et dénuées de toute compréhension de l’histoire ou des structures de pouvoir qui gèrent le monde dans lequel nous vivons.

Comme je l’ai écrit à d’innombrables endroits (par exemple ici, ici, ici, ici et ici), ces mêmes forces impériales qui ont provoqué les pires effondrements de l’histoire des peuples par le biais de guerres, d’assassinats, de coups d’État et de terrorisme économique, sont bien vivantes aujourd’hui et tentent en fait de conduire l’humanité vers un modèle de société féodale esclavagiste (avec quelques adaptations technocratiques du XXIe siècle).

Cette structure de pouvoir n’est ni chinoise ni russe. Elle n’est même pas étasunienne, même si elle exige que ces trois nations soient effacées, que leurs cultures historiques soient réinitialisées et qu’elles soient transformées en régions fragmentées et dépeuplées d’un ordre mondial post-État-nation.

Heureusement, des leaders authentiquement nationalistes ont émergé à ce moment de la crise mondiale et ont créé une voie alternative vers un avenir très différent de celui que les mondialistes misanthropes comme George Soros ou Klaus Schwab exigent. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’est plaint de ce bloc alternatif dans un récent discours en déclarant :

« Je crains que notre monde ne s’achemine vers deux ensembles différents de règles économiques, commerciales, financières et technologiques, deux approches divergentes dans le développement de l’intelligence artificielle — et finalement deux stratégies militaires et géopolitiques différentes. C’est la recette pour les problèmes. Ce serait beaucoup moins prévisible et beaucoup plus dangereux que la guerre froide. »

Au cours de cette série d’articles, je vais tordre le cou à quelques-unes des mythologies anti-chinoises virulentes en me concentrant d’abord sur la création d’un culte artificiel passé et présent, sur le problème des jésuites, sur la nature de l’État profond en Chine, sur les révolutions de couleur et sur le mythe du piège de la dette chinoise.

Crédit social : ce n’est pas ma tasse de thé, mais c’est quand même une nécessité

Permettez-moi de dire qu’à titre personnel, en tant que personne façonnée par les valeurs démocratiques occidentales, toute forme de surveillance et de crédit social m’offense.

Je crois que les gens devraient chérir la liberté et vivre dans un monde coopératif d’amour, de confiance et de démocratie.

Cela dit, ce monde, dont j’espère que les générations futures pourront faire l’expérience, ressemble peu au monde de l’oligarchie supranationale qui a pris le contrôle de nations assez stupides pour entrer dans la cage mondialiste au cours de ces dernières décennies et lier leur destin à l’ordre mondial à bulles dirigé par Wall Street et la City de Londres.

Comme je l’ai expliqué dans mon récent article « Guterres et le Grand Reset : comment notre économie est devenue une bombe à retardement », les personnalités qui s’apprêtent à débrancher la bulle du système financier occidental gravitent autour d’une organisation particulière, le Forum économique mondial, avec des noms tels que Klaus Schwab, Henry Kissinger et George Soros.

Et alors que les consommateurs de propagande anti-chinoise pourraient ici s’exclamer que ces individus ont tous parlé en bien de la Chine à différents moments, la seule chose que Schwab, Soros ou Kissinger admirent, ce sont les structures de pouvoir centralisées et les systèmes de crédit social de la Chine. Tout ce que la Chine fait réellement pour construire la nouvelle route de la soie, libérer des crédits à long terme pour le développement, permettre aux États-nations souverains de se tenir debout et mettre fin à la pauvreté dans le monde est méprisé.

Les impérialistes avides de pouvoir apprécient beaucoup les contrôles nationaux centralisés pour la simple raison que ceux-ci leur donneraient le pouvoir de concrétiser rapidement leurs visions grandioses d’une dictature technoféodale dystopique sans que les mécanismes démocratiques s’y opposent. La différence entre le leadership de la Chine et celui des Schwab adeptes du Grand Reset est une question d’intention et d’idéologie de gouvernement.

Alors que l’un se consacre au dépeuplement d’un système fermé et à un monde unipolaire, l’autre se consacre à la croissance à long terme d’un système ouvert et à un monde multipolaire.

COMPARAISON DES DEUX SYSTÈMES

Système ouvert

  • Somme non nulle
  • Le tout = plus que la somme des parties
  • Limites relatives à la croissance
  • Accent mis sur la coopération gagnant-gagnant
  • Multipolaire (centres de gravité multiples)

Système fermé

  • Somme nulle
  • Tout = somme des parties
  • Limites absolues à la croissance
  • Accent mis sur la concurrence gagnant-perdant
  • Unipolaire (un seul centre de gravité)

Un manque d’humilité

Aussi difficile que cela puisse être pour certains de l’admettre, nous qui vivons ici, parmi les États transatlantiques occidentaux, avons une forme beaucoup plus virulente de crédit social et d’État de surveillance maintenant en place sous les Cinq Yeux et l’hydre à plusieurs têtes que l’ancien analyste de la CIA Ray McGovern a appelé le MICIMATT.4 C’est facile à voir à partir d’une approche descendante, mais pour ceux dont l’esprit est conditionné pour donner un sens au monde « du bas vers le haut », il est difficile de voir au travers de l’épais vernis de la propagande (par exemple, le simple fait d’assister à un rassemblement le 6 janvier 2021 a eu pour conséquence d’inscrire d’innombrables personnes sur des listes d’interdiction de vol, de les rendre indésirables ou de les emprisonner).

La faillite (qu’elle soit provoquée par le COVID ou autre chose) entraîne des pénalités de crédit empoisonnées pendant de nombreuses années et dont il est presque impossible de se défaire pour la plupart des gens. En Chine, en revanche, vous pouvez effectivement voir votre porte-monnaie en prendre un coup ou voir vos possibilités d’emploi limitées à cause d’un mauvais crédit social, mais inversement, vous pouvez aussi retrouver votre standing relativement facilement.

Il est vrai que cela m’effraie de penser à la façon dont des personnalités à l’esprit oligarchique, de nature à favoriser le Grand Reset, souhaitent utiliser les structures du crédit social liées à une certaine forme de revenu de base universel afin de modifier le comportement des groupes dans un ordre mondial post-vérité, dépeuplé et décarbonisé. Mais ce qu’il faut garder à l’esprit, c’est que les mécanismes, comme la plupart des outils, sont généralement moralement neutres. C’est la façon dont nous les utilisons qui les imprègne de mal ou de bien.

De plus, la Chine n’impose PAS de vaccins à sa population alors que chez nous, dans l’Occident libre, on vous rend la vie impossible si vous ne vous faites pas vacciner. Récemment, les Canadiens ont perdu le droit de prendre l’avion, de s’asseoir dans un train ou de traverser la frontière vers les États-Unis sans avoir reçu (au moins) deux injections d’ARNm. Des millions de personnes sont menacées de perdre leurs moyens de subsistance si elles ne se soumettent pas comme cobayes à une vaste expérience de thérapie génique qui en est encore au stade clinique et qui comporte un taux remarquablement élevé d’effets indésirables, dont la mort. D’autre part, les gouvernements fédéraux chinois et russe sont intervenus auprès des administrateurs municipaux/provinciaux qui ont tenté de rendre le vaccin obligatoire à différents moments ; les deux nations ont résisté à la pression d’utiliser la thérapie génique à ARNm, et se sont appuyées plutôt sur la technologie conventionnelle des vecteurs viraux.

Comparez cela avec les nations occidentales, où nos gouvernements fédéraux ont démontré qu’ils n’étaient guère plus que les auxiliaires actifs des sociopathes du Grand Reset, les seuls efforts sérieux de résistance venant des divers représentants des états ou des provinces.

Au cas où cet exercice d’humilité rencontrerait encore de la résistance, il est bon de rappeler qu’ici, dans nos chères démocraties libérales du Canada, des États-Unis et du Royaume-Uni, les lanceurs d’alerte emprisonnés et privés de procès, voire de libertés civiques élémentaires, sont devenus un fait normal de la vie. Lorsque l’ancien analyste de la CIA John Kiriakou a dénoncé l’usage illégal de la torture par son gouvernement, il a été emprisonné. Lorsque Chelsea Manning a dénoncé les assassinats par drones de civils commis par l’armée des États-Unis, elle s’est retrouvée rapidement en prison. Lorsque l’analyste de l’US Air Force Daniel Hale a divulgué des informations sur le meurtre de civils innocents, il en a payé le prix avec une peine de 4 ans de prison. Pendant ce temps, Julian Assange pourrit en prison et Snowden y serait aussi s’il n’avait pas trouvé asile en Russie.

*

Dans les prochains épisodes, nous aborderons l’importante question de la guerre asymétrique qui a été déployée pour diviser et conquérir la Chine de l’intérieur au cours des 200 dernières années. Nous exposerons notamment les opérations de l’État profond en Chine, l’utilisation d’organisations religieuses comme façades pour des tactiques de révolution de couleur, et les ONG affiliées à Soros qui encouragent le changement de régime à Hong Kong, au Tibet et au Xinjiang.

Démystifier les opérations psychologiques anti-chinoises
Par Matthew Ehret

  1. Le crédit social, une nécessité déplaisante à l’ère de la guerre asymétrique
  2. L’opium, les cultes artificiels et la vision menaçante du Royaume céleste de Taiping
  3. Les Jésuites, Tavistock et la bataille pour l’âme de la Chine

  1. L’expression utilisée en anglais est « Five Eyes » (littéralement, « Cinq Yeux »). Le « Groupe des cinq » (tel que traduit par la Défense canadienne) désigne l’alliance des services de renseignement de l’Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni et des États-Unis. (NdT) 

  2. Dans le jargon de la sécurité informatique, un honeypot (littéralement, « pot de miel ») est un leurre utilisé comme méthode de défense active : attirer l’adversaire pour l’identifier et éventuellement le neutraliser. (NdT) 

  3. L’expression utilisée en anglais, telle qu’elle est définie par le Forum économique mondial est « Great Reset » (littéralement, « Grande Réinitialisation »). (NdT) 

  4. MICIMATT est une extension du concept MIC (Complexe Militaro-Industriel) : « Military-Industrial-Congressional-Intelligence-Media-Academia-Think-Tank complex », ou, en français, « complexe Militaire, Industriel, Congressionnel, du Renseignement, Médiatique, Académique, des Groupes de réflexion ». (NdT) 

 

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